Blockchain, utilité et planète

Introduction

La technologie blockchain n’est pas nouvelle de par la notion même de peer-to-peer, un des systèmes qui sous-tend son fonctionnement. Détails ici pour les curieux.

La technologie blockchain n’a pas d’expert absolu, tout simplement parce que c’est complexe et en constante évolution. Le blog Marmelab l’explique très bien.

En surfant sur le Net, je suis tombée sur un commentaire qui résumait : “Blockchain will change the way business is working today.” (La blockchain va changer la façon dont les affaires fonctionnent aujourd’hui.)

Une petite mise au point en passant : il n’y a pas qu’une blockchain mais des blockchains, car oui, il en existe beaucoup, et des différentes. Autrement dit, il serait plus juste de parler de “la blockchain Dupond” (ou le projet Dupond basé sur une blockchain), ou bien de “la technologie blockchain”. Même si les applications et le mode de minage de leur éventuel jeton, sont multiples, en plus d’être encore en développement actuellement.

La puissance de hashage

Pour rebondir sur ce commentaire, la réponse est : oui, sans doute. Encore faut-il être à peu près certain que ce concept basé finalement sur des algorithmes, des calculs, et donc relevant de la puissance d’ordinateurs, ne nuise pas à la planète qui est déjà en si mauvais état…

Car si l’engouement pour cette approche plus sécurisée est réel, le fait est que le défi majeur aujourd’hui dans le monde reste l’état et la gestion de cette unique planète, objectif qui devrait passer toutes affaires cessantes avant n’importe quel business tech uniquement créé pour enrichir de potentiels investisseurs.

Les richesses sont d’abord celles offertes par la Terre (ou ce qu’il en reste). Si vous ne connaissez pas ma réflexion – et ma préocupation sur la question –, j’ai plusieurs blogs dédiés au sujet, par exemple celui lié à mon service impact vert.

Vous me direz que l’on pollue déjà, avec ces milliards d’ordinateurs qui requièrent de l’énergie, sans parler des tablettes et autres smartphones dont certains composants – parfois extraits à l’autre bout du monde –, sont rarement sans nocivité. (Et je n’évoque même pas la gestion souvent défaillante du processus de recyclage !)

Cette énergie indispensable au fonctionnement de la technologie blockchain est depuis environ une décennie particulièrement sollicitée, selon la méthode utilisée, pour “miner” (to mine) ou “monnayer” (to mint) des crypto-monnaies et autres assets ou jetons de toutes sortes.

Toute cette électricité n’est malheureusement pas encore à même d’être totalement naturelle, recyclée, renouvelée et/ou renouvelable – alors que ce serait possible sur simple VOLONTÉ désintéressée. Mais ne soyons pas naïfs, industriels ou politiciens ne sont pas des philantropes. C’est bien une problématique conséquente pour la survie de l’environnement d’ailleurs.

Or, ceci est valable pour tout consommation d’énergie finalement. C’est d’ailleurs souvent l’argument que l’on retrouve. Le fait qu’au final, les blockchains basées sur une méthode proof-of-stake ne seraient pas plus énergivores que nos activités actuelles sur internet. Certes (et vivement que la méthode proof-of-work du Bitcoin évolue !).

Mais comparaison n’est pas raison. Et ce n’est pas une raison justement pour en ajouter une couche. Aucune activité humaine n’est aujourd’hui 100 % écologique, à moins d’être totalement autonome loin de tout, sans avoir à se déplacer et avec le strict nécessaire, installé en harmonie dans une nature, où votre mode de vie ne lui nuiera pas du tout. Il y en a qui y arrivent mais les cas sont rares. (Les indiens y arrivaient : relire “Pieds nus sur la terre sacrée“.

Puissance de calcul : ça chauffe

Avant d’être ajoutée à une blockchain, une transaction doit être validée par consensus. Cette étape nécessite de résoudre – à l’aide d’algorithmes – un problème complexe. Les personnes (que l’on appelle communément mineurs) s’y attèlent, surtout par intérêt puisque pour ce faire, elles sont rémunérées en contrepartie. Plus il y a de mineurs sur le réseau, plus la consommation d’énergie augmente, c’est assez logique. Faire tourner du matériel jour et nuit consomme… Là-dessus, pas de doute.

Ferme de minage ou simple ordi de particulier, de toute façon, ça chauffe. Courir après de la puissance de calcul nécessaire, la démocratiser et l’utiliser partout au moment où la planète brûle demande de réfléchir à deux fois sur les alternatives, les impacts, l’utilité finale de cette technologie !

Aussi, la question doit être posée en parallèle avant de poursuivre toute espèce de course frénétique à une sacro-sainte technologie : est-il raisonnable de procéder à une explosion d’activités autour de cette technologie blockchain, sous prétexte qu’elle est prometteuse, alors même que son utilité – hormis une spéculation vénale (pléonasme) sur la crypto qui parfois y est adossée – balbutie encore ? Et surtout alors même que son fonctionnement n’a pas démontré une absence d’impact sur notre environnement ?

Certains s’emploient à se tourner vers le renouvelable. Mais sans démarche philantropique réelle pour la planète, le but avoué étant encore et toujours le business. Ailleurs, certaines énergies utilisées pour le minage sont ensuite réutilisée pour d’autre chose (chauffage de maison, alimentation de serres de culture biologique)… J’en ai parlé ici.

Quant aux data centers, ils tentent de devenir green. Tout cela est louable mais si peu répandu encore !

Oui, la technologie blockchain semble rendre des services, mais attention à ne pas oublier les priorités actuelles du monde vis-à-vis du réchauffement climatique, de la pollution et j’en passe…

Blockchain, utilité, planète : le nouveau défi

La planète a surtout besoin dorénavant de projets utiles de la part de son unique prédateur, à savoir le genre humain. Des projets susceptibles de ne plus lui nuire du tout, voire des projets réparateurs. Blockchain-Utilité-Planète sont trois mots-clés qui devraient devenir interdépendants.

Certes, créer une blockchain pour optimiser l’utilisation d’un service est tentant : mais essayons peut-être que ces services soient réellement utiles, sans conséquences pour la planète. Autrement dit, dans l’idéal exit les futiles projets qui lanceraient des tokens uniquement pour faire du profit.

Je ne suis pas anti-tech. Néanmoins, le fait d’en devenir totalement dépendant – ce qui nous éloigne encore davantage de la Nature –, pose problème vis-à-vis de l’environnement justement, dont nous faisons partie comme toutes les espèces vivantes de cette unique Terre.

Nul doute que ces situations peuvent nous faire devenir schyzophrènes (en tout cas pour ceux qui ont une conscience). Nous sommes déjà assis entre deux chaises. Et oui, je ne veux pas polluer, pourtant pour vous écrire un article de blog, je dois utiliser de l’électricité qui en est encore à l’âge de pierre en termes de mode de production.

Blockchain, utilité et planète
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