La gestion des sous-titres de vidéo

L’incrustation des sous-titres de vidéo : petite mise en lumière d’une action de l’ombre

1. Le texte (par le sous-titreur ou le traducteur)

Dans un épisode de série étrangère diffusée sur une plateforme en ligne, en quinze minutes, j’ai relevé pas moins de cinq mauvais accords de grammaire dans les sous-titres. J’ai regardé un ou deux épisodes de plusieurs séries : même constat.
Sur d’autres plateformes ou site de chaînes également… Cela semble être un phénomène récurrent et ne provient donc pas d’un seul sous-titreur.

Je veux bien que les bureaux français recrutent des stagiaires pour ce travail, voire les sous-paient probablement, mais je ne crois pas au fait exprès.

Une ou deux coquilles peuvent passer, on les repère tout de suite car elles sont rares et parfois même mignonnes ou drôles. Mais quand cela devient systématique, portant sur de vraies erreurs de maîtrise des règles d’une langue, cela questionne au-delà d’exaspérer.

De plus, c’est gênant pour le lecteur : soit pour celui qui a des lettres et qui s’énerve, soit pour l’enfant qui n’a pas encore tout assimilé et qui lit ces sous-titres. (Quant à l’adulte qui fait lui-même ce genre de fautes, eh bien il ne voit pas la différence.)

Quand bien même nous ne serions qu’un petit nombre à s’en apercevoir, je trouve dommage que pour un service payant de ce type venant d’une société de cette envergure, on n’aie pas un minimum d’attention au niveau des sous-titres proposés.
Cela ne me dérange pas de ne pas mettre les sous-titres pour les films en anglais, mais pour des films étrangers en VO dans une langue que je ne maîtrise pas (japonais, polonais, suédois…), c’est plutôt embêtant. Et pour une personne âgée et/ou une personne sourde ou malentendante.

Traduire et/ou taper la traduction en langue française demande que l’on connaisse ses bases.


2. L’incrustation (par le monteur vidéo)


L’incrustation en question
pourrait être le sous-titre de cet article.

« Les écrits incrustés » est un sujet peu discuté. Pourtant, ces fameux « sous-titres » qui apparaissent au bas de toute sorte de vidéos, de films, de séries, que ce soit sur des chaînes de TV ou sur des plateformes de streaming, en mode incrustation donc, font partie du quotidien.

Indispensables pour les sourds et malentendants, ils sont aussi utiles aux films en VO (du moins pour ceux qui ne maîtriseraient pas la langue du film).

Pour cet article, j’ai pris le temps de faire (un peu) le tour des médias – sur mon ordi car je n’ai pas de poste TV –, allant même jusqu’à me « taper » des chaînes très éloignées de mon cerveau non dispo…

Force est de constater :

1. De plus en plus de fautes, de grammaire, d’orthographe, mais aussi de sens.
2. Des erreurs dues à une maîtrise imparfaite de l’outil et/ou à la non-adéquation de la version technique.

Cette partie du montage est-elle parfois déléguée à des stagiaires ou des jeunes générations si l’on en croit le nombre de fautes relevées ? Si l’on veut éviter de généraliser ou de se vautrer dans les clichés (qui n’en sont pas toujours pourtant), on peut aussi imaginer que la personne en charge d’incruster ces sous-titres est soit un adulte sous-payé et/ou pressurisé par le temps et/ou fatigué. Il est vrai que les délais souvent riquiquis ne permettent pas de se relire, multipliant le risque de coquilles.

Néanmoins, voir défiler des fautes d’accord de manière récurrente peut laisser penser que des automatismes, notamment grammaticaux, ne sont pas acquis. Or, sous-titreur est un vrai métier (certains disent à tort « transcripteurs »), c’est la main qui va permettre de proposer au spectateur de découvrir un film suédois par exemple, sans être obligé d’apprendre la langue en méthode accélérée…
Enfin, ce métier n’est pas seulement valable et important pour les films en VO mais également pour les sourds et malentendants !

Exemple

L’an passé sur Arte, je regardais un docu sur les peintres (Toulouse-Lautrec cette fois-là), avec les sous-titres en français donc. Eh bien tous les termes s’écrivant avec un e dans l’o (œ) étaient systématiquement tronqués. Nous avons eu droit à du chef-d’ euvre », à une euvre picturale… etc.
J’en ai avisé la chaîne qui m’a gentiment répondu qu’ils allaient remonter l’info :

Depuis, je n’ai pas constaté d’autres bugs. Pour l’instant…

Technique et compatibilité

Soulignons que bon nombre de programmes sont achetés à des boîtes de production et que les chaînes qui les achètent pour les diffuser, a priori, les visionnent au préalable, mais pas forcément avec les sous-titres…

J’ai ronchonné en lisant les sous-titres de programmes sur la chaîne M6 (via 6Play). Je veux bien qu’une coquille passe de temps en temps, errare humanum est, mais de plus en plus de fautes d’accord sautent aux yeux.

À noter également qu’autant en direct (ou semi-direct), on peut choisir d’avoir les sous-titres – par exemple en visionnant une création via un site comme Molotov –, autant le même programme visionné en replay sur le site de la chaîne d’origine ne proposera pas l’option sous-titrée !

C’est tout aussi embêtant quand une (mauvaise) application devient visible…

Précision : pour les sous-titres, il existe un code couleur. En général, on a du blanc pour les dialogues, mais aussi du jaune (yellow) quand quelqu’un parle au téléphone, ou pour un interlocuteur qui répond hors-champ. Et du rouge (du magenta plus exactement) pour toute sorte d’informations annexes (musique, trois petit points, une précision comme « elle claque la porte ») hors dialogue.

Ce fut le cas (et ça l’est toujours) sur TF1, via leur site de replay auquel, misère, j’ai dû m’abonner pour accéder aux vidéos – en l’occurrence une mini série dont je vous épargne le scénario (soupir).

J’ai capturé ce que j’ai vu passer. Il s’agit donc de la version diffusée en streaming, uniquement pour internet, pas pour la télé hein. Un truc qui s’appelle Gloria, bref. Mais ça le fait aussi pour les séries et téléfilms en cours sur leur site.

Mes captures parlent d’elles-mêmes :

 

Source : image d’après capture d’écran de la chaîne une, sur ordinateur.

Au début, j’ai bien ri, mais j’ai assez vite compati avec les malentendants qui regarderaient ces replays… car visuellement, ça finit par gêner la lecture.
Au-delà, c’est plutôt une tristesse qui m’envahit constatant la légèreté quant au travail fourni.

Vous me direz que n’est pas grand-chose. Certes. Mais cela prouve que personne ne vérifie. La notion d’exigence pour un travail bien fait n’est plus de ce monde, je le sais, mais je me garde le droit de soupirer.

Il faudra toutefois expliquer à l’incrusteur du moment les bases du html et des sous-titres (subrip).
Allez, je suis sympa, je vais l’aider à arranger ça : http://nicolas.anquetil1.free.fr/sous-titressrt.html

Note :
Depuis, j’ai remarqué que sur certains de leurs programmes français, le bouton de la fonction n’était plus cliquable. Peut-être l’ont-ils suspendue en attendant de reprogrammer des sous-titres dans le bon code ?

Pas certain. Je pense tout simplement à une non-intégration volontaire, car sur certains téléfilms étrangers que cette chaîne (TF1) propose, on peut opter pour les sous-titres, lesquels d’ailleurs sont tout aussi victimes du même défaut d’incrustation… :

On ne vérifie plus rien. La notion de rigueur est devenue une denrée rare, quasi inconnue. Soit parce que la qualité n’est pas maîtrisée, soit par manque de temps. Et il est vrai que tout doit aller très vite maintenant, au risque de tout faire pardessus la jambe ! Surtout si le stagiaire est mal rémunéré, voire pas du tout.

Je ne suis pas la seule à faire ce constat. J’ai trouvé plusieurs articles à ce sujet, et ce n’est pas nouveau :

Et apparemment, les sous-titres dans les jeux vidéo laissent également certains gamers – pardon, certains joueurs –, perplexes :

Pour info :

Comment incruster des sous-titres dans un film ou une vidéo. Petite aide :

Le sous-titrage de films

 

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