Réseaux, messageries, blogs : comment s’y retrouver parmi des supports qui évoluent

Et si l’on faisait un peu le ménage ? Depuis le rouleau compresseur Facebook, sorti en 2004, la nature des réseaux en ligne, allant de la simple messagerie à la plateforme de blog la plus sophistiquée, offre un vaste panel. Et certains sont bien plus éthiques que d’autres…

Mais la question principale reste celle du partage et de son impact. Et donc de leur intérêt réel. Au final, les trois ou quatre mastodondes connus attirent, de fait, par le nombre d’inscrits.

Quand on blogue, on choisit soit de créer un site, soit de le créer sur une plateforme. MEDIUM a toute ma préférence dans ce second cas (créé en 2012). Mais quel que soit le support média (beaucoup sont encore sur Timblr), quand on ouvre un blog, a priori, c’est pour publier et pour être lu.

À moins de se contenter de l’hypothétique lecteur de Medium passant par là, le flux considérable de contenus qui “tsunamise” le web doit obligatoirement passer par un relais sur les réseaux sociaux principaux avec hashtag.s approprié.s.

Et même avec cette stratégie, ce que cela vous apporte réellement dans votre vie, professionnelle et/ou personnelle, est tout de même bien relatif. En matière d’information, il est bien connu qu'”un clou chasse l’autre”.

Les discrets

On peut aussi les appeler les “alternatifs” :

ELLO

Le réseau Ello fait très peu parler de lui. Pourtant il vit sa vie tranquillement depuis son lancement, en 2014. Principalement en anglais, il faut l’avoir adopté pour l’apprécier. Il n’y a même pas de page Wikipédia en français concernant Ello.

On voit peu de francophones sur ce réseau, qui n’a rien à voir avec Medium par exemple. Ce n’est pas un outil de blog ni même d’actu à la Twitter. Plutôt un mix entre Pinterest et Instagram.

En réalité, comme tous les autres, le réseau Ello (dont j’avais déjà parlé ici), abrite des comptes “vitrines” ou les utilisateurs postent leur porfolio. Sa raison d’être sert les créateurs.

Mais comme ailleurs, tout tourne très vite autour de “moi moi moi.” Et le partage et la découverte des autres est souvent un mythe. Les conversations sont rares. La notion de “partage” à mon avis est à remettre en question.

Sa seule différence se situe au niveau de ses valeurs vis-à-vis de vos données. C’est déjà pas mal.

Je m’y suis inscrite dès le début, pour voir, le découvrir, l’essayer. Mais le temps n’étant pas extensible, il ne faudrait ne faire que ça. Ou alors passer la moitié d’un week-end à montrer en ligne un travail artistique non abouti, faute de temps pour cela aussi.

MINDS

Le réseau social Minds, a débarqué en 2011. Il est le favori des anti-Facebook.

minds-le-reseau-social-qui-preserve-votre-vie-privee/

reseaux-sociaux-alternatifs-qui-attaquent-reseaux-sociaux-liberte-expression

Pour être franche, comme alternative à Twitter, j’aime beaucoup Minds. Il est plutôt complet comme réseau. Et en plus, on peut créer un blog – d’ailleurs Hackernoon est non seulement sur Medium, mais aussi sur Minds…

Cerise sur le gâteau – en dehors des données protégées –, comme sur Steemit, on peut se créer un portefeuille de jetons selon le nombre de réactions induites par nos posts (on peut aussi en acheter). Dommage simplement qu’il n’y ait pas encore d’interface francophone, seulement une version en anglais et une en viêtnamien…

MEWE

C’est un peu le même cas qu’ELLO. Ce réseau éthique, né en 2012, est peu fréquenté par les francophones. Et finalement peu pertinent en ce qui me concerne. Le temps, là encore, joue son rôle de régulateur, pour ne pas dire de censeur.

Sur ce réseau dont l’intérêt est surtout éthique, suivre et être suivi demanderait d’être connecté la moitié de la journée. Pas besoin d’être doué en maths pour se rendre compte de sa limite.

Franchement, entre nous, qui prend le temps de lire en totalité le flux de ses abonnés sur chacun de ses réseaux sociaux ? J’ai essayé, car je suis férue d’information.

Ce qui vous “bouffe” un temps considérable n’est pas tant le volume d’heures passées à le faire, mais le fait de se rendre vite compte que 90 % sont finalement sans intérêt.

Vous avez des amis sur Facebook ? Contente pour vous, mais comme chacun y figure pour sa propre “pomme”, j’aimerais bien connaître le pourcentage de gens qui lisent en totalité un article publié sur la page qu’ils ont choisi de suivre.

LESS IS MORE est mon adage préféré.
Faire le vide pour mieux se remplir de connaissances utiles à sa vie, à son évolution…

À propos de TWITTER, depuis l’apparition, ou plutôt l’imposition, de sa nouvelle interface, son ergonomie et design me donnent envie de vomir. C’était beaucoup plus clair et facile avant !

Cela me fait perdre du temps pour me focaliser sur une info, trouble mes habitudes d’occidentale (de lire de gauche à droite). Les trends à gauche, c’était plus logique. Non mais franchement ! Je ne suis d’ailleurs pas la seule à trouver cela horrible d’un point de vue UX. Résultat, ce nouveau design contre-productif me donne largement envie de lever le pied de ce réseau, c’est tout ce qu’ils auront gagné.

Heureusement, il existe une application qui permet de retrouver l’ancien design (ouf !). Il s’agit de GoodTwitter, que vous pouvez installer sur Firefox via https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/goodtwitter/ ou sur Chrome via https://chrome.google.com/webstore/detail/goodtwitter/jbanhionoclikdjnjlcmefiofgjimgca

La frustration des messageries

En matière de messageries instantanées, vous allez voir que le casse-tête n’existe pas. Malheureusement a-t-on envie de dire. L’équation est hyper simple, le nombre fait le monopole. Sinon, eh bien attendez-vous à végéter sur une île déserte en mode monologue.

Quand on souhaite utiliser une application plutôt qu’une autre, la frustration fait vite place à la résignation. Ce n’est pas normal !

Telegram : j’ai quelques échanges avec des contacts pros ou amis. Mais lorsque je demande à ma famille de télécharger cette appli pour me joindre et pouvoir échanger facilement, eh bien non, c’est à moi de faire l’effort d’aller sur WhatsApp ! Pourquoi ne fairaient-il pas l’effort, eux, de découvrir autre chose ? Le nombre toujours…

ICQ : j’y suis seule ! Pas une seule personne de mon entourage personnel ou professionnel ni de mon carnet d’adresses n’utilise ICQ. C’est pourtant la pionnière des messageries. Et qualitativement sécurisée.

Signal : seule aussi ! Seule trois personnes de mon carnet d’adresses utilisent semble-t-il Signal, qui se révèle pourtant très sympathique. Et respectueuse de vos données qui plus est.

La plupart des gens de mon entourage me pousse sur WhatsApp, mais c’est sans compter sur mon niveau de résistance. D’autant plus que cette misérable messagerie – bien moins pratique que Telegram –, connaît des bugs et des failles à répétion.

Idem pour Snapchat, ou encore Messenger Lite, autre création de Facebook. (Je trouve Messenger nul.) Telegram a des fonctionnalités bien plus chouettes. Mais bon. La puissance du nombre face à la qualité…

Par ailleurs, quand je propose Skype, peu de gens finalement sont intéressés, alors qu’il y a une véritable messsagerie pour discuter. Et pratique sur le plan professionnel.

Mais au fait, en termes de messagerie, sous-entendu, je cherche à échanger avec quelqu’un, si tout le monde à un smartphone, à quoi servent les bons vieux SMS ? (ça marche très bien aussi). Si l’on veut joindre réellement quelqu’un, il suffit de lui téléphoner. Le reste – les publications, souvent autocentrées, sur les réseaux – sont tout de même bien secondaires.


Conclusion

Au fil des ans, les plateformes actuelles ont évolué offrant parfois en leur sein à la fois une messagerie, un blog et un réseau, concurrence oblige.

Le plus cumulatif dans cette approche étant Facebook bien sûr, pourtant peu ergonomique, voire ringard, sans parler de son absence d’éthique. Un réseau que personnellement je déteste.

Si l’on peut se réjouir d’une certaine diversité, celle-ci reste théorique. Car pour être vu et lu, à moins de rechercher un forum niche au sein d’une communauté et de se contenter de Reddit ou d’un outil comme Steemit, le dilemne reste entier.

Les Instagram, Pinterest ou Twitter restent prédominants et incontournables. Mais encore une fois, tout dépend de l’objectif. Car jour après jour, heure après heure, que d’images encore et toujours ! À en avoir mal aux yeux !!

Et le fond dans tout ça ? La réflexion de fond je veux dire.
Lire des news ? Ok, mais encore faut-il s’assurer de leur bonne source (sujet épineux à part entière).

Chaque “tribu” aujourd’hui peut trouver sa messagerie de prédilection. Petit panel.
Il y a beaucoup de plateformes spécialisées. Bien sûr LinkedIn, pour les pros, a donné le LA.

Quant à des “communautés” selon vos passions, vos activités, artistiques ou autres, il existe des réseaux de niche. Par exemple, je suis sur Stage32 depuis le premier jour de sa création, en 2011.

Mais là encore, leur intérêt doit croiser vos vrais objectifs. Car sur le plan chronophagie par dispersion, voire en termes de “retour sur investissement”, la vie se réduit très vite à une peau de chagrin – même avec une approche multitâches, dont la réelle productivité reste à démontrer.

Une chose est sûre : on ne peut pas être partout ! Il s’agirait donc de choisir sa plateforme et/ou son réseau – pas plus de cinq – pour être sûr de s’y activer régulièrement, d’être vu (être lu est une autre paire de manches), de pouvoir échanger et d’être suivi.

Un seul réseau principal évidemment, c’est mieux. Mais on pourra aller jusqu’à trois, en répartissant bien leur rôle, notamment éditorial.

Au final, tout cela ne vaut que si l’on a quelque chose d’utile à dire, à partager. Parce que voir défiler des milliers de photos (dont on oublie parfois l’auteur, la source), qui se partagent et se repartagent, franchement… Un coucher de soleil ? Un chat ? Rien ne vaut de les voir en VRAI !
Ne parlons pas des selfies ou du contenu de l’assiette…

Je vous épargne au passage l’impact énergétique du digital…

Si votre propos est d’apporter une pierre, voire une solution, au problème de la planète, alors ok. Sinon, on peut dire que c’est une perte considérable de temps sur votre planning.

On sait que l’ego et l’envie d’exister font partie de l’action de postage de n’importe quelle photo ou news sur soi ou sur ce que l’on aime. Ce vide sidéral malheureusement ajoute à une pollution numérique déjà problématique en soi.

Quant à une ou deux messageries, résignez-vous à vous assoir sur votre liberté de choix, à moins d’être prêt à faire carrière dans la soliloquerie…

Ne niant absolument pas l’intérêt que peut parfois apporter la force d’un réseau social, j’ai envie toutefois de penser que l’on peut prendre du recul.

Alors que la planète brûle et se meurt, les relais informatifs, likés, partagés, commentés, et autres plateformes de pétition, ne déclenchent pas plus d’actions de changement des consciences et des comportements…

Le cerveau reptilien a de beaux jours devant lui, du moins jusqu’à son extinction complète.

Aparté

L’usage de ces outils se fait dans le cadre d’une activité demandant obligatoirement d’être visible en ligne, et sur un plan personnel dans la mesure où votre envie est réelle de vous y trouver. La chronophagie et les troubles neurologiques qu’ils peuvent engendrer sont à prendre en compte. Et il se trouve qu’une volonté de ne pas en être esclave est tout à fait envisageable. On peut très bien se passer d’amis virtuels, la vraie vie étant souvent plus riche.

Pourquoi recevoir un bip intempestif qui vous distrait de votre tâche, tout ça pour vous rappeler que c’est l’anniversaire de tel proche ou ami.e, alors que vous le savez déjà.
Comment faisait-on avant ? Anticiper, noter, se souvenir, des actions qui permettent de garder une mémoire intacte, c’est une part de l’enjeu de ces temps technologiques… Le danger qui guette étant de ne plus penser par soi-même.

Et si vous leviez le nez de votre écran ?
À méditer.

https://www.minds.com
https://mewe.com
https://ello.co/
https://medium.com/
https://steemit.com/

Boîtes de messagerie e-mails sécurisées et respectueuses de vos données :
Protonmail
Mailo (anc. netc)

 

Envie de partager ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.