Une étude du Massachussets Institute of Technology (MIT) a mis en évidence – mais nous pouvions déjà nous en douter –, une forte et malencontreuse corrélation entre l’utilisation systématique d’une IAG et l’évolution (dans le mauvais sens) des neurones du cerveau humain.
Tout au long de l’année 2025, plusieurs études ont mis en avant un phénomène similaire : si l’utilisation réccurente de l’IAG apporte des réponses rapides et des résultats attendus pour une tâche, la réflexion humaine se dégrade parallèlement. Les utilisateurs assidus auraient une moindre capacité à réfléchir de manière critique.
Échantillon d’articles parus à ce sujet (en anglais majoritairement) : https://urls.fr/qmW77H
L’utilisation d’une IAG altérerait donc certaines capacités du cerveau ? Quel étonnement (ironie).
Néanmoins, je suis dubitative sur le fait de comparer deux « outils » qui selon moi, ne sont pas comparables (IAG et cerveau humain).
Soulignons à nouveau qu’une intelligence artificielle est tout sauf « intelligente » : ce n’est qu’un tas d’algorithmes qui recoupe, trie et remonte une réponse, en ayant puisé dans des milliards de données. Point. C’est un logiciel à la vitesse fulgurante, qui s’adapte et tente d’offrir une tâche que vous auriez mis des minutes, des heures, des semaines voire des mois à élaborer. C’est pour cela entre autres qu’il est tentant de l’utiliser pour un oui ou pour un non.
Mais la contrepartie arrive et elle est salée.
Je vous mets ci-dessous la traduction de l’article de Peter Bile, du 19 juin 2025 :
Une étude du MIT associe l’utilisation de ChatGPT à des troubles cognitifs
Les utilisateurs de ChatGPT participant à l’étude ont considérablement perdu en créativité, en mémoire et en capacité de réflexion approfondie.
Une nouvelle étude du MIT établit un lien entre l’utilisation excessive de ChatGPT et le déclin des capacités de pensée critique. Au lieu d’accroître la productivité des utilisateurs, l’étude révèle que la dépendance à ChatGPT est associée à des pertes de mémoire et à un déclin cognitif. En bref, cet outil d’IA ne nous rend pas plus intelligents ; au contraire, il a l’effet inverse. Les chercheurs ont réparti les participants en trois groupes : le groupe LLM, le groupe moteur de recherche et le groupe « cerveau uniquement ».
Voici un extrait du résumé de l’étude : Les participants du groupe « cerveau uniquement » ont présenté les réseaux les plus forts et les plus étendus ; les utilisateurs du moteur de recherche ont montré un engagement modéré ; et les utilisateurs de LLM ont affiché la connectivité la plus faible. L’activité cognitive a diminué en fonction de l’utilisation de l’outil externe. Lors de la quatrième session, les participants du groupe LLM-cerveau ont présenté une connectivité alpha et bêta réduite, indiquant un sous-engagement. Les utilisateurs du groupe « cerveau-LLM » ont présenté une meilleure capacité de rappel et une activation accrue des régions occipito-pariétales et préfrontales, similaires à celles des utilisateurs du moteur de recherche. Le taux de participation aux essais, tel que déclaré par les participants, était le plus faible dans le groupe LLM et le plus élevé dans le groupe « cerveau uniquement ».
Les utilisateurs de LLM ont également éprouvé des difficultés à citer correctement leurs propres travaux. Si les LLM offrent un confort immédiat, nos résultats mettent en lumière des coûts cognitifs potentiels. Sur une période de quatre mois, les utilisateurs de LLM ont systématiquement affiché des performances inférieures aux attentes aux niveaux neuronal, linguistique et comportemental.
Ces résultats soulèvent des inquiétudes quant aux implications pédagogiques à long terme de la dépendance aux LLM et soulignent la nécessité d’approfondir l’étude du rôle de l’IA dans l’apprentissage. Non seulement les utilisateurs de ChatGPT participant à l’étude ont considérablement régressé en matière de créativité, de mémoire et de réflexion approfondie, mais ils ont également déclaré se sentir moins impliqués et moins responsables de leur travail. Cela va sans dire. Les participants qui se sont appuyés uniquement sur leurs propres capacités intellectuelles pour rédiger leurs dissertations ont naturellement éprouvé le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’important. On ne peut pas en dire autant des autres. Récemment, l’Université d’État de l’Ohio a annoncé que chaque nouvel étudiant devait suivre un cours d’initiation à l’IA afin de mieux le préparer au monde du travail. De nombreux professeurs autorisent l’utilisation de l’IA pour les travaux pratiques, soit par résignation, soit dans l’espoir que cette technologie contribue réellement à l’apprentissage des étudiants. L’étude du MIT, cependant, remet sérieusement en question les bénéfices à long terme de l’IA pour les élèves. Les établissements scolaires et universitaires doivent impérativement prendre en compte ces recherches, faire preuve de bon sens et s’interroger profondément sur le rôle de l’IA dans l’éducation à l’avenir.

