Ces marques qui deviennent des noms communs

La langue française continue d’accueillir des noms de marque en son sein. Et ce, depuis que les objets et autres innovations existent.

Noms de marques déposées tombés dans le langage courant


Lorsqu’une marque devient un nom commun, on parle de dégénérescence, puisque la marque dégénère par son usage fréquent sur la durée par le plus grand nombre.

Quand l’utilisation d’un nom de marque devient générique, on peut imaginer que c’est une consécration en termes de marketing !
Article intéressant sur l’évolution du nom Carte Bleue.

Ce processus est régi par la loi. Souvent au moment de litiges autour de leur utilisation, c’est la justice qui finit par trancher.

À noter que les dictionnaires français valident et acceptent de plus en plus rapidement les nouveaux usages.

Nous avons 5 catégories réparties en 3 grandes familles :

  • Les disparus : TSF, Minitel…
  • Les désuets : Frigidère (cf. ligne suivante), Solex…
    .
  • Les résistants au temps : TGV, Scotch, frigo, fermeture éclair, escalator, caddie, K-way, Stabilo, Zodiac, Frisbee, Chatterton, Velux, Kleenex…
    .
  • Les relativement récents : iPhone, PC, Mac, Tong, Post-it, Botox, Flash-ball…
  • Les derniers-nés : Bitcoin, Twitter (son verbe tweeter, et leur auteurs les “twittos”)…

Pour les voir tous (la liste est impressionnante), regardez ici.

Et il y a des surprises :
– le terme déchetterie, construit bien sûr à partir de “déchet”, qu’un grand groupe a déposé en marque ;
– le terme esquimau, déposé par Gervais, revenu à Kim par la suite ;
– le terme tarmac, déposé également.
La règle devrait nous obliger à écrire tous ces mots avec une majuscule… Mais qui y pense ?

Nous avons donc 2 processus différents :

1. Celui qui fait qu’une marque avec un nom créé de toutes pièces (ou utilisant celui de son créateur) devient si courante qu’elle se transforme en nom commun.

2. Le fait qu’une entreprise, inversement, dépose un nom commun, pour en jouir comme d’une marque.

Le premier processus étant évidemment plus sympa, plus pertinent et plus juste, voire plus honnête, que le second.

Peu de gens le savent, mais Cocotte-minute est une marque déposée (depuis 1948). Devenu nom commun, il apparaît sans majuscule dans les dictionnaires. Cela dit, aujourd’hui, on dit plutôt autocuiseur (également une marque déposée par Seb !).
Idem pour un pédalo (Pédalo).

Pour ceux que cela intéresse, un livre en a répertorié 2 500 !


Le cas des patronymes et des noms de lieux

Marque ou pas, il peut arriver aussi qu’un nom propre, d’homme ou de femme, tombe dans l’expression commune, en se transformant le plus souvent en adjectif ou en adverbe, rarement en verbe, sauf en tant de buzz extrême, comme “zlataner” par exemple.

Napoléon : dans l’univers du mobilier et de la décoration, beaucoup de noms circulent, particulièrement pour qualifier un meuble classique selon les styles, depuis le Moyen-Âge au plus modernisme : un richelieu, une commode Louis XV, un fauteuil Napoléon donc, mais aussi un récamier (divan), un Chesterfield (encore qu’ici, la racine viendrait moins du nom du marquis, que du comté du même nom où il habitait).

Quand au sandwich, comme vous le savez peut-être, sa mise en circulation proviendrait du comte de Sandwich, un anglais qui aimait tellement ses parties de cartes que pour ne pas avoir à se déranger quand la faim venait à réclamer un repas, il consommait cette forme de nourriture bien pratique pour ne pas perdre de temps.

Il y en a beaucoup d’autres : ainsi le jacuzzi ayant été inventé par l’italien Candido Jacuzzi.
Mais aussi Bic bien sûr, provenant de la famille fondatrice Bich.

Opinel : Monsieur Opinel est à la tête de l’entreprise de canifs que l’on appelle un “opinel”. Tout bon marin trimballe le sien au fond de sa poche (quoi que de nos jours, la lutte antiterroriste interdit le port de cet objet, même fermé).
marque
Le cas Laguiole
: ce nom fait aussi penser à un couteau. Notons que “Laguiole” est le nom d’un village français. Un laguiole fait partie des marques célèbres en France. Mais c’est aussi devenu un nom commun. Il y a quelques années, nous avons assisté à un litige digne d’Astérix, tout cela parce qu’en France, la non-culture du business fait parfois oublier de protéger son nom.

Chapitre 1 : Dépossédé de son nom le village de Laguiole se rebelle

Chapitre 2 : Les couteaux Laguiole récupèrent l’usage de leur nom

Suite à l’anecdote arrivée au village de Laguiole, de plus en plus de communes se sont mises (enfin !) à déposer leur nom. C’est en effet plus sage, en particulier si la ville en question est touristique. Ainsi, la commune de La Trinité-sur-Mer a-t-elle déposé son nom en mars 2017.

Pour décrire un objet, on ne compte plus les des noms de villes, de région, voire de pays, qui ont imprégné au fil du temps, nos expressions.
Des appellations ou des marques devenues des noms communs.

Exemples
> Dunkerque : un “dunkerque” ou “petit dunkerque” est un objet de décoration de type colifichet que l’on pose sur une étagère. Bon d’accord, l’expression est désuète et tombée dans l’oubli (sauf peut-être chez les antiquaires).
> Paris-Brest : là, je ne vous fais pas un dessin, sinon vous risquez de saliver.
> Charentaise : ce fameux chausson (des pantoufles plutôt), plus chaud qu’esthétique, est toujours fabriqué en Charente (pour ce qui est des authentiques évidemment).
> Gruyère ou encore Panama…

En voir d’autres.

Une accélération de dépôt de marques et de noms en tout genre s’est ressentie ces derniers temps, poussée notamment par des pseudos en liberté sur les réseaux sociaux.

En tout cas, une marque qui devient un nom commun, peut s’enorgueillir d’avoir “marqué” les esprits !

Ces marques qui deviennent des noms communs
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