Quel nom pour sa start-up ?

Créer sa start-up est une aventure à la fois passionnante, chronophage, difficile et palpitante. Un projet est toujours excitant. On a généralement hâte de le voir se lancer.
Mais pour en parler, comment allez-vous l’appeler ?  Lire la suite “Quel nom pour sa start-up ?”

Changer de nom : succès ou casse-gueule

Changer de nom n’est pas anodin : non seulement parce qu’il faut refaire toute la com, mais aussi et surtout parce que le nouveau se doit d’être plus pertinent que son prédécesseur au point d’arriver à le faire oublier.
Cette dernière semaine de mai 2017, les annonces se sont succédées. Lire la suite “Changer de nom : succès ou casse-gueule”

L’élégance des mots, une question de style

En cette fin d’année où les fêtes prêtent à rêver, j’ai envie d’aborder une notion qui me tient à cœur : l’élégance.

Il y a celle du style, de l’apparence, d’un comportement naturel, d’un geste, d’une posture, qui ne s’explique pas. Il y a l’élégance des choses, meubles, décors, objets design. Il y a surtout l’élégance des animaux – de l’oiseau jusqu’au cheval –, qui tous ont une élégance naturelle qu’on ne se lasse pas d’observer. Lire la suite “L’élégance des mots, une question de style”

Quelle différence entre punchline et wording ?

Wording : des mots pour guider

Le wording est le terme anglais qui tend à détrôner le mot français “formulation”, lequel pourtant veut bien dire ce qu’il veut dire. En marketing, “wording” apparaît plus précis car il se focalise parfois sur un seul mot.
J’en ai parlé ici
.

Sur un site, le wording va donc servir à informer, à indiquer une action, par exemple sur un bouton, un picto, mais il définit également les mots placés en onglet de menu… allant même jusqu’à la création de titres. Lire la suite “Quelle différence entre punchline et wording ?”

Rédaction : le sens des mots

Le français est une langue merveilleuse. Mais attention à bien la maîtriser pour se faire comprendre. Pour cela, il n’y a pas de mystère, il s’agit, entre autres, de connaître la bonne définition du vocabulaire employé.
MEMEARNOLD

EXEMPLE
La Tribune publiait en juillet 2015 un article intitulé :
le digital n’épargnera personne !
(Les twittos surfeurs observeront d’ailleurs que la phrase utilisée dans la balise meta pour le SEO, contient, à la place, le terme “numérique”.)

Mais ici, c’est le verbe “épargner” qui questionne.

SIGNIFICATIONS Lire la suite “Rédaction : le sens des mots”

Orthographe du mot “start-up”

pur2dfc5cd09348de4fStart-up : depuis que ce terme circule – particulièrement concernant une activité en lien avec une technologie ou un service via Internet – on le voit écrit à toutes les sauces !

Face à mon propre doute, la curiosité m’a poussée à enquêter pour en avoir le cœur “Net” une fois pour toute.

Une recherche sur Internet montre une orthographe à 50-50 : quels que soient le support de presse, le blog, le contenu de site, ce mot est utilisé tantôt avec un trait d’union (start-up), tantôt tout attaché (startup).
Définition du mot en passant.

Startup ou start-up ?

Au tout début de son emploi aux États-Unis (il y a fort longtemps), on l’écrivait Lire la suite “Orthographe du mot “start-up””

À la recherche du sens perdu

Humeur du jour…

Ce matin, on apprend qu’un particulier – en l’occurrence un étudiant à l’époque – a eu l’idée de réserver un nom de domaine : “univ-rennes” avec l’extension .fr. Les universités rennaises fusionnant il y a peu, ont voulu choisir ce domaine pour leur visibilité en ligne. La négociation avec le jeune homme n’ayant pas abouti, l’Afnic, après hésitation, a dû trancher.

Cette anecdote me laisse perplexe. Au-delà de ce fait, touchant directement Internet et sur le fond duquel je reviendrai en seconde partie, je voudrais d’abord m’attarder sur la forme de son traitement par des journalistes et/ou webrédacteurs qui ont relayé l’information…

Un vocabulaire sensationnel qui éloigne du sens

newspaper-307829_640L’article de 20 minutes parle dans son titre de “vendre le site internet de l’université”…

Déjà, on dit site web, pas site Internet. Or ce n’était pas le site la cause de l’enjeu, mais uniquement le domaine. Le site http://univ-rennes.fr n’est même pas créé !

Ici, l’article de Digischool parle plus raisonnablement d’un étudiant qui essaie de “revendre”, mais plus loin… “son propre site internet”. Non, il s’agit d’un nom de domaine, pas d’un site !

L’article de Ouest-France, qui le premier a parlé de cette histoire, annonce “Insolite. On a voulu voler le nom de l’université de Rennes“. Que de bêtises dans un seul titre !

Premièrement, ce n’est pas insolite du tout, et plutôt courant comme pratique dans le domaine d’Internet.

Deuxièmement, ce n’est pas du vol, tout a été fait dans les règles : une personne a simplement réservé un nom de domaine disponible… Étant sur le marché, il n’appartenait à personne, et a fortiori pas à l’université de Rennes.

Troisièmement : la formulation “le nom de l’université de Rennes” n’est pas employée ici correctement. Son nom est et reste évidemment “université de Rennes”. Mais l’affaire touche simplement le nom d’un domaine qui permet de se créer une adresse URL propre à un site web ! La tentative de revente ne se faisait pas sur le nom lui-même mais sur le nom de domaine… et uniquement avec l’extention .fr…

L’article de Jactiv parle carrément de kidnapping :
Oui, vous avez bien lu…“Kidnappée” ! Ce terme, extrêmement fort, signifie enlever quelqu’un pour une rançon. Le verbe kidnapper ne vaut que pour des personnes, pas pour des objets, encore moins pour une création virtuelle comme un nommage !

Cela en est ridicule. Mais plus encore, c’est inquiétant, car cela démontre une méconnaissance des mots avec lesquels on écrit, et avec lesquels on (mal)informe.

Un titre repris bêtement par des confrères qui y ont ajouté (quand même) des guillemets. 

Les faits

Le jeune homme n’a fait que réserver un domaine qui était libre, rappelons-le. Il n’a jamais mis en ligne de site. Le “site internet de l’université” mentionné dans l’article, n’existe pas encore ! Voilà que dix ans après, au dernier moment, ces deux établissements crieraient au loup pour “vol de domaine” ? Tout de suite les grands mots. On rêve ! 

Cette propension à écrire de manière de plus en plus éloignée du sens du vocabulaire employé, soit par inculture, soit par volonté d’attirer le client-lecteur-chaland par une titraille racoleuse, est tout bonnement devenue insupportable.

Pour information – mais qui a le temps de vérifier ses sources de nos jours ? –, ce domaine a été réservé pour la première fois en octobre 2006 (Whois) : cela ne fait donc pas dix ans, mais huit ans. En fait, sept ans et demi de location par ce jeune homme, puisque les universités de Rennes l’ont récupéré gratuitement (enfin, outre les 250 € versés pour le dossier à l’Afnic) en juin 2014. Source Afnic

À noter que, du coup, elles (les universités) se sont dépêchées de réserver aussi les extensions .com .eu .org .info .net .mobi et même .biz ! (.mobi a un hébergement).
Chat échaudé craint l’eau froide…

Comment trancher entre droit et morale ?

Association_Française_pour_le_Nommage_Internet_en_Coopération_logoApparemment, le jeune homme – qui en tout légalité était détenteur de la location de ce domaine – demandait une somme (on ne sait pas laquelle). Pourquoi pas, après tout, puisqu’il semble que tout se monnaie aujourd’hui.

De deux choses l’une (oui, je sais, l’autre est le soleil) : ces universités auraient pu y penser bien avant et anticiper, pour le principe, histoire d’être tranquille. Mais en France, la notion d’anticipation s’arrête à quelques mois et non quelques années… Celui qui a réservé ce domaine essaie de le vendre ? Et alors, marchander n’est pas un crime.

Les deux universités, qui n’en feront bientôt plus qu’une, mettent en avant leur “légitimité” : certes, sont-elles peut-être un peu plus légitimes sur un plan purement intellectuel, de cohérence. Mais pas forcément légitimes sur un plan commercial (du moins jusqu’à récemment apparemment).

Ce jeune homme a eu la présence d’esprit à l’époque (mercantile ou pas, peu importe) de le faire et de le réserver. Car c’est en effet un type de domaine assez important pour ne pas rester dans la nature ! Ce domaine aurait très bien pu être pris par une plate-forme qui en fait son activité principale, dans le but unique d’un trafic juteux et pour le coup, peu honnête.

Des réactions disproportionnées de chaque côté

Dans l’idéal (qui n’existe pas), la négociation aurait pu être simple : offrir une compensation à hauteur de 60 euros avec un supplément, par exemple arrondir à 100 euros et l’étudiant n’aurait pas réservé pour rien pendant dix ans. Les universités n’auraient alors pas eu à débourser 250 euros pour le récupérer.

Bon, d’accord, ce jeune homme devait demander beaucoup plus, à l’instar de ces sites qui en font commerce dans un but effectivement totalement mercantile (voir paragraphe précédent).

Mais face à une somme qui paraît excessive, au lieu de se plaindre (alors qu’il n’y a pas de règle bafouée ici), pourquoi ne pas soupirer un bon coup, s’asseoir dessus et essayer alors de trouver un autre nom ? (Voir plus bas.)

Même en connaissant les détails de la procédure (cliquer sur ‘Source Afnic’ plus haut), cela montre encore une fois toute la difficulté de ce type de situation, au vu de l’hésitation dont a fait preuve l’association française pour le nommage Internet en coopération, vers laquelle se sont tournées les deux universités de Rennes.

Dans un premier temps, l’Afnic refuse à nos deux universités bretonnes la récupération de ce domaine (jusque-là c’est logique). Mais dans un second temps, l’Afnic revient sur sa décision, prétextant que toute collectivité territoriale française reconnue comme telle est, de fait, prioritaire. (Les règles juridiques concernant Internet évoluent chaque jour, rendant complexe la gestion de leur application.)

Beaucoup de bruit pour rien !

Nous avons affaire à une réaction très française. Aux États-Unis, les universités auraient payé un paquet pour racheter cette réservation et l’Icann aurait trouvé cela normal. “Ce domaine n’est pas libre ? Débrouillez-vous, premier arrivé, premier servi.”
Autre solution donc, se trouver un autre domaine…

Exemples : rennes-univ.fr est libre. Oui, juste l’inverse, tout simplement.
À titre d’information, le domaine suivant universites-de-rennes.fr (avec un s) est libre.

Il se trouve, de plus, que le domaine universite-de-rennes.fr (au singulier) est apparemment réservé depuis 2007 par l’université de Rennes 1 elle-même. Il suffisait d’ajouter un s…
En tout cas, pas de quoi en faire un fromage ! Las, le jeune homme restant Gros-Jean comme devant, aurait peut-être laissé tomber sa location devenue inutile.

(Voir aussi mon article sur les noms de domaine.)

Billet de blog ou article de blog ?

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Billet ou article de blog ? Quelle est la différence, et d’abord y en a-t-il vraiment une ?

Soyons clairs : les termes “billet” et “article” sont a priori synonymes. Néanmoins sur le plan de la longueur, un billet est plus court et moins détaillé que peut l’être un article. C’est pourquoi on parle de “petit article” pour définir un billet.

En presse écrite, c’est donc un texte ne dépassant pas quelques lignes. Un billet a pour but de donner une information courte. Il est le plus souvent apparenté à une chronique ; on parle d’ailleurs de billet d’humeur, car à l’origine, un billet était satirique, humoristique, en tout cas ironique voire irrévérencieux.

Un rapport quelconque avec un billet de banque ? La forme… Disons que justement, le volume d’un billet est censé tenir dans le rectangle d’un billet de banque. On parle aussi de billet de train, d’avion ou de spectacle, qui se rapproche beaucoup plus du “ticket”.

Un article de presse détaille davantage les faits. Il se veut plus poussé, que ce soit en terme d’information, de réflexion, de source, d’exemple, de démonstration.

Définition actuelle de billet : “Note ou article publié dans un blog”. En effet, sur le Web, on retrouve peu ou prou la même approche. Mais dans un blog par exemple – personnel ou professionnel –, un article pourra développer une réflexion en sus d’une information.

En tout état de cause, un texte de quelques lignes n’est pas suffisant pour être qualifié d’article. 

Or, aujourd’hui, quelle que soit leur longueur, les termes “billet” et “article” sont employés pour dire la même chose, c’est-à-dire pour qualifier la publication d’un contenu dans une rubrique “Blog” ou “Actualités”.

Contradiction en ligne

Pourtant, en tapant “billet de blog” et “article de blog”, dans un moteur de recherche, c’est le mot BILLET qui ressort comme étant le plus utilisé pour parler d’une rédaction de blog. Peut-être parce qu’à l’oreille, “article” fait encore penser à la presse écrite, apparenté à une image plus sérieuse d’écriture, avec une trame : un chapeau, une accroche, des réponses aux 5W, des intertitres, une chute. Le mot billet, par ailleurs est visuellement agréable, doux et facile à prononcer.

Cette habitude est d’autant plus curieuse que, toujours en recherchant ces mots-clés, mais dans la catégorie Images cette fois, c’est la formule “article de blog” qui montre le plus de résultats…

La différence peut se faire aujourd’hui tout naturellement : un article (même sur Internet) reste la production d’un média d’information, au sens classique du terme, rédigé par un journaliste. Alors que billet, plus souple, sert à tout le monde, pour tout (et parfois n’importe quoi).

Internet, et surtout la vague des blogs, nous a finalement éloignés des définitions originelles.

Dans la plupart des cas, on utilise les deux termes pour la même fonction, du moins sur le Web.
Vous me direz, billet ou article, peu importe, c’est le fond qui compte, le message.

Bien sûr, ne pas confondre ces formes d’information avec la rédaction d’une page dans un site Web, (présentation, biographie, etc.) qui reste du contenu qualifié de “texte”, qui n’est pas construit de la même manière.

Alors, à votre avis, ce texte assez court que vous venez de lire est-il un billet ou un article de blog ?…

Rédaction Web : savoir écrire, au vrai sens du terme (1/3)

Dans “rédaction Web”, il y a WEB, mais il y a aussi et d’abord RÉDACTION…

content seoQuand on parle de rédaction Web, on pense aussitôt et systématiquement à l’adaptation des mots, rebaptisés “mots-clés”, traités comme de véritables vaches sacrées, pour plaire au référencement. Car ce qui compte, semble-t-il n’est hélas plus ce que l’on dit mais comment on le dit.

Le concept calculateur de SEO s’est installé au détriment de la belle langue dont l’écriture représentait de la rédaction, enfin, au premier sens du terme…

Rédaction : action de rédiger

Dans “rédaction”, il y a d’abord le fait de rédiger, de choisir les mots justes pour créer une phrase. C’est d’ailleurs la définition originelle de ce mot : action de rédiger. Le verbe “rédiger” étant au départ défini par “écrire, formuler”.

Cela peut être une pensée, un message publicitaire, un cours, une démonstration, une histoire humoristique, une annonce, une réponse, un compte rendu, un reportage, un pamphlet, une critique, bref, il existe moult natures de texte et encore plus de styles d’écriture.

Néanmoins, et pour en revenir à ce qui nous intéresse, le but de toute rédaction est donc de rédiger un texte formé de phrases qui ont du sens, à la fois en elles-mêmes et dans le contexte général du texte, du message.

Mais pas seulement. Il est tout aussi important – et respectueux pour le lecteur – de créer des phrases offrant une certaine élégance, c’est-à-dire équilibrées et surtout bien écrites, sans erreurs d’ordre syntaxique, orthographique, grammatical ni même d’ordre typographique… Sans parler du style.

Car si le but premier est de se faire comprendre, il n’en reste pas moins qu’un texte dont le flux coule harmonieusement, comme une rivière, laisse un goût bien plus agréable au lecteur. Au risque de me répéter, il est évident qu’on ne pense pas assez au confort de lecture !

Or, outre une mise en page aérée, le style et le respect des règles de la langue dans laquelle on rédige, y contribuent !

Voir mon billet précédent au sujet des fautes.

Pourquoi les éléments de langage sont improductifs

Ils ne fonctionnent pas. Ils ne fonctionnent plus… De quoi s’agit-il ? Des éléments de langage qui habillent la parole politique ; ces mots, ces formules que vont répéter quelques personnes enfermées dans une idéologie, quelle qu’elle soit, qui souhaitent gérer une crise ou  simplement répondre à une question, en proposant un message construit sur mesure. Que l’information soit vraie ou non…
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Pourquoi les éléments de langage deviennent improductifs ?

Parce qu’il y en a trop, qu’ils sont trop souvent utilisés et par trop de monde. Des formulations en boucle supportées par nos oreilles finissent par engendrer une contre-productivité, dont le résultat se manifeste – chez les individus à qui s’adressent ces messages – soit par une forme de rejet, de dérision ou d’indifférence, de défiance, de doute, de provocation ou de ras-le-bol.

Dans tous les cas, cela peut être perçu comme du mépris et ce n’est jamais bon, particulièrement pour la démocratie.

Le discours est tellement voulu, léché, si peu original et surtout tellement répétitif. Bien sûr, des idées communes demandent d’être sur la même longueur d’ondes au niveau du message et nous sommes d’accord qu’une communication doit avoir préparé un axe cohérent, partagé de concert par tous les membres d’un même mouvement. Mais de là à utiliser le marteau issu du même moule, sans aspérités, sans originalité, et surtout sans authenticité…

Si le but initial est de convaincre, on finit par obtenir l’opposé. En effet, à force d’entendre exactement la même forme, construite et préparée pour être diffusée à la virgule près, on ne peut que s’éloigner du naturel. Or, être naturel, être soi-même, reste la meilleure manière d’être apprécié à sa juste valeur.

J’ai envie de comparer ces éléments de langage aux fruits et légumes “traités”, rangés comme des petits soldats dans les casiers des supermarchés… Toutes ces denrées se ressemblent ; elles sont bien calibrées. Le problème est qu’au final, non seulement, elles n’ont aucun goût mais elles peuvent être nuisibles (merci les pesticides).

Certes, comparaison n’est pas raison, mais je n’ai pas trouvé d’autre métaphore.

Quand la répétition de mots-clés prend des allures de spam 

Beaucoup de domaines ont leur jargon, leur novlangue (que dire de l’économie par exemple). Mais la politique est une sphère particulièrement aliénée depuis des décennies par les “conseillers en communication” pour qui l’utilisation des éléments de langage est devenue systématique – sous couvert d’être pédagogiques, tout en faisant passer l’info que l’on veut.

Le problème est que cela est devenu un tel réflexe que le récepteur ne peut plus croire au message lui-même. D’autant qu’avec du recul et une observation simple, force est de constater le gap entre lesdits discours en kit et les faits réels, les actions menées “sur le terrain”, voire les éventuels changements (positifs bien entendu).

Vous allez me dire qu’il est nécessaire d’avoir une cohésion, qu’il est par conséquent logique de valider un “discours” repris par tous les membres d’un même groupe, d’un même mouvement. (Cf. plus haut.)

Certes, mais n’oublions pas que l’énonciation, la façon de dire un message, possède l’extraordinaire caractéristique de pouvoir varier. C’est d’ailleurs, la grande force et la magnificence de la langue française. Selon les personnes, leur nature, leur éducation, leur culture, cette forme peut prendre différentes tournures.

On pourra se payer autant d’heures de media training que l’on veut, lorsque l’on s’adresse au plus grand nombre, le mieux est de s’exprimer le plus simplement du monde.

À l’inverse, le langage fabriqué, qui fait que tous répondent sans même faire l’effort d’essayer un synonyme – non, non, je ne parle pas de la langue de bois, ce greffon pavlovien si souvent partagé – pour que les idées soient formulées à l’identique de peur d’un dérapage incontrôlé (enjeu électoral oblige), est l’outil le mieux partagé au sein d’un parti, il est aujourd’hui indiscutable que c’est justement ce même langage ronronnant qui finit par devenir improductif, voire contre-productif !

L’omniprésence des éléments de langage dans les messages politiques actuels polluent les échanges. L’overdose guette. Au point qu’il ne serait pas illogique de les comparer au langage des spameurs ! Or, on sait tous où un spam termine sa course…

La réalité est que rien ne vaut de parler vrai, sur ce qui vous anime, sur ce qui fait que vous êtes là, à vouloir convaincre votre prochain. Mais pour convaincre, il faut être soi-même convaincu par ce que l’on dit ! Plus encore, y croire totalement. La gestuelle, le ton, les mots qui habillent le message, lorsque l’on accepte d’être soi-même, ont bien plus de force qu’une leçon technique apprise en dehors de tout sentiment.

Il est en effet évident que l’on sent tout de suite, quand vous vous exprimez oralement, si vous êtes sincère, si vous êtes convaincu. Contrairement à ce que les fourbisseurs de “belles” paroles peuvent penser, il est assez aisé de discerner une parole mécanique. Les éléments de langage tels que programmés sur mesure, ôtent toute forme de sincérité au propos, et cela se ressent.

La sincérité étant la base pour transmettre une conviction, il est aisé de comprendre que, sans elle, on obtient l’effet inverse.

Maîtriser son sujet permet une spontanéité

Autre chose, le recours aux éléments de langage cache parfois une inculture, un manque de maîtrise d’un sujet, voire une absence d’idées et de solutions. On veut sauver son image ou imposer son parti et l’on pense que la forme suffit.

Mais la communication, ce n’est pas ça ! Ce n’est pas que de la pédagogie en boîte. C’est même tout le contraire. Les spin doctors auraient-il si peu de recul ou de psychologie pour ne pas comprendre que le marketing fabriqué (pléonasme), ne fait pas tout, et possède même des limites ? Est-ce qu’ils se posent la question de savoir pourquoi l’image des politiques est si dégradée ?

Je dis souvent que “la forme fait passer le fond”. Mais, premièrement, une forme trop léchée visiblement travaillée, est toujours suspicieuse, particulièrement dans la bouche d’un personnage public. Deuxièmement, même si la forme est bonne, et qu’effectivement elle arrive à ses fins, le fond reste primordial sur la durée. La valeur du message ressort lorsque ce message a du sens. Il peut alors être compris. Encore faut-il avoir du fond et des idées… Sinon, toute tentative de communication serait du vent.

Pour cela, rien ne vaut de réfléchir en profondeur à la validité et à la pertinence de ses arguments, de bien savoir de quoi on parle, d’avoir des idées et de connaître ses dossiers.

S’il n’y a pas de matière, de réflexion, de fond solide, intelligent, intéressant, logique, ouvert aux autres et porteur d’éléments propres à faire évoluer des choses en apportant une réelle nouveauté, l’image de celui qui aura diffusé le discours en question, ne durera qu’un temps.

Le but d’une communication est d’être compris(e)

Les foules attendent qu’on leur parle de manière naturelle. Elles sont (nous sommes) sensibles à la sincérité. Or, ce qu’il faut bien comprendre justement, c’est que cette sincérité transpire toujours d’un discours : tout passe dans le ton, dans le ton de conviction, dans la gestuelle… et dans la façon de dire les choses. On voit tout de suite quand une personne parle avec ses tripes. Cela ne trompe pas.

Inversement, si l’orateur répète une leçon apprise, si les mots ne sont pas les siens mais des éléments de langage bien huilés, s’il ne les a pas vraiment choisis, le récepteur du message le ressent également tout de suite. Parler avec son cœur, avec ses tripes (c’est-à-dire avec conviction), désolée, mais cela ne s’apprend pas.

Le problème avec les éléments de langage, véhiculés à travers les médias, c’est qu’ils peuvent cacher la vacuité d’un propos. De ce point de vue, la plume de Jean-Claude Guillebaud reste parmi les plus affûtées et maîtrisées pour décrire régulièrement le vide tristement sidéral de la sphère politicienne (et médiatique) qui tente de surnager dans une société devenue spectacle.

Au risque de me répéter, quels que soient les efforts que leurs représentants élus font sur la forme, qu’ils croient à ce qu’il disent ou non d’ailleurs (attention, certains peuvent être sincères au fond d’eux), rien ne vaut de parler franchement, de dire les choses telles qu’elles sont.

Par ailleurs et logiquement “ce qui se conçoit bien s’énonce clairement”.

Alors attention aux formules toutes faites, aussi éphémères qu’une médaille en chocolat au soleil ; attention aux mauvais mots dont on abuse pour recouvrir les maux de la société, au lieu d’appeler un chat un chat et prendre ses responsabilités.

Une communication qui porte ses fruits, qui séduit, passe par un message moins robotisé, que ce soit dans la forme (on respecte son auditoire) ou sur le fond (on partage du sens).
Tout le contraire de la langue de bois finalement…

Économiser de l’argent ou gagner de l’argent ?

ID-100144092Qu’est-ce qu’une formule juste ?
C’est une formule qui dit bien ce qu’elle veut dire, qui utilise donc les bons mots.

Or, force est de constater que dans ce flux gigantesque et continu d’information, ce n’est pas toujours le cas. C’est même l’ère de la sémantique chaotique.

Voici un exemple récent de titre rédigé avec une tournure de phrase dont le sens n’a pas de sens (sic).


“Économiser de l’argent” n’a pas le même sens que “gagner de l’argent”

Ce week-end, est sortie une info fort sympathique selon laquelle un adolescent de 14 ans a découvert que certaines polices de caractères imprimées demandaient moins d’encre, ce que tout bon graphiste print sait déjà.

MAIS le titre formulé par Slate.fr et relayé un peu partout, est trompeur :
Le gouvernement américain pourrait gagner des fortunes en changeant de police de caractères“.
Le verbe juste est “économiser”.
Faire gagner, non ! Faire économiser, oui !

On a pu lire également : “Le changement de police d’écriture peut rapporter des millions“.
Ce qui est donc totalement faux. Pas de dollars en plus (à moins de faire marcher la planche à billets), mais des économies, ça oui. Et pas qu’un peu.

Cette idée de choisir des polices moins buveuses d’encre, est tellement évidente qu’elle devrait d’ailleurs être largement appliquée depuis longtemps dans le cadre de la consommation de cartouches.

Beaucoup d’autres sites Web ont relayé cette info sans sourciller, sans se poser la question. En tant que rédactrice Web, je suis avant tout soucieuse du bon français.

Je fais partie de ceux qui pensent et soutiennent mordicus que ce n’est pas parce qu’un hypothétique référencement pousse à faire une fixette sur les algorithmes et les mots-clés, qu’il faut en oublier sa langue.

Seuls, quelques sites ont réussi à se démarquer correctement en titrant par exemple :
“… la police de caractères pourrait réduire les coûts d’impression“. L’idée de réduire les coûts est bien meilleure dans ce contexte. Et surtout plus logique !

La presse, quant à elle, a en général évité de tomber dans le panneau (L’ExpressLe Point, etc.).

économie ≠ gain

En plus, au départ, “économiser” veut dire, épargner, mettre de côté.
Quand on économise, on ne gagne pas plus, c’est simplement que l’on dépense moins…
“Gagner” (ici, gagner de l’argent) veut dire faire un profit financier.

Note : le verbe économiser n’est même pas forcément le plus juste, dans la mesure où ce coût abaissé des dépenses en impression, sera probablement réinjecté, dépensé sur un autre poste.

Il est simplement question de bon sens dans la gestion financière d’un budget. Mais l’économie au sens de mettre de côté n’a pas lieu d’être, aux États-Unis comme dans les autres pays, tous, rappelons-le, étant aux prises avec une dette colossale.

Et si je continue dans la même logique : on ne peut mettre de côté de l’argent qu’on n’a pas…
C’est hélas de plus en plus souvent que l’on peut voir passer ce genre de titre, ou le verbe gagner est mal utilisé, en lieu et place de la réalité et du sens, c’est-à-dire du verbe économiser !

Cela se rencontre principalement dans le champ marketing évidemment. Telle publicité vous informe d’une “promotion qui va vous faire gagner de l’argent”…

À longueur de journée, sur les ondes radio ou sur les publicités en ligne, on nous sert le même discours. Est-ce parce que l’idée de “gagner” fait davantage rêver que l’idée d'”économie” ?

Pour être logique, il suffit de réfléchir un peu

Même chose avec “gagner du pouvoir d’achat“. Si l’on se penche sur la formule, elle est totalement idiote, vous en conviendrez. En ne dépensant pas, nous économisons, c’est sûr ; mais en aucun cas cela fait rentrer de l’argent… Nous n’en perdons pas, mais nous n’en gagnons pas non plus.

Les soldes sont les championnes pour vous faire croire que vous allez gagner de l’argent  – sur votre fameux pouvoir d’achat – en achetant un pull à 10 euros plutôt à qu’à 40. Certes, vous faites (peut-être) une affaire sur le moment, dans le cas où vous aviez vraiment besoin d’acheter un pull. Mais vous ne gonflez absolument pas votre pouvoir d’achat !…

Le mieux est de ne pas dépenser du tout (le superflu, entendons-nous). On peut parler alors de véritable économie. 😉

Cet exemple permet de rappeler la subtilité du français. Les mots ont tous un sens. Mal utilisés dans une phrase (le plus souvent dans un article de presse d’ailleurs), ils peuvent vouloir dire n’importe quoi, voire son contraire…

Pourquoi le français est souvent remplacé par l’anglais

ID-100230255De plus en plus de formulations françaises, pourtant simples et compréhensibles, se voient bousculées par une vague de termes en anglais.

Cela peut se comprendre lorsqu’il s’agit de nouvelles notions importées et partagées dans le monde entier, particulièrement dans les secteurs des technologies, de la finance, de l’innovation, dans ceux du business et du marketing.

Mais attention : cela peut aussi donner un néologisme ou autre franglais jusqu’à en devenir ridicule…

 

Do you speak branché ?

Autant, des termes comme “teasing” ou “teaser” font depuis longtemps partie du champ lexical publicitaire, tout comme start-up dans le monde de l’entrepreneuriat (bien que beaucoup ont toujours du mal à en donner une définition claire), autant aujourd’hui, on voit passer une accumulation de notions, d’adjectifs ou de noms communs, qui restent en anglais : showroom, burn-out, bootcamp, lean, pitch, streaming, coworking, responsive, design thinking…

De même, start-up est resté tel que, car le français “jeune pousse” n’a pas vraiment pris.

Ou encore reach (“portée”), signifiant ici : influence, visibilité, le fait que l’on puisse vous atteindre et donc parler de vous, relayer.

Ainsi a-t-on tendance à garder les termes anglais, sans doute par commodité : c’est plus simple, plus court, plus facile.

Néanmoins, certaines formulations viennent remplacer, sans crier gare, des expressions qui existaient déjà en français…

  • Mission statement (“état de mission”) : il s’agit tout simplement de la feuille de route… Mais ça, c’était avant.
  • Supply chain : chaîne logistique.
  • Leasing : crédit-bail.
  • Spin off : essaimage.
  • Outsourcing : externalisation.
  • Crowdsourcing : collaboration (ou externalisation ouverte), participation de la foule.
  • Crowdfunding : financement par la foule (financement participatif).
  • Show-room : magasin d’exposition.
  • Business intelligence (BI) : veille économique (ou intelligence économique).
  • Cluster : groupe. On parle de “grappe” pour imager le principe, à l’instar du nuage (cloud).
  • Process : procédé… ou processus.
  • Lead : contact commercial.
  • Wording : utilisé en marketing, il tend à remplacer le tout simple et très clair “formulation”.

Un article intéressant de Slate.fr développe le sujet : franglais et anglicismes.

You know what I mean (de crayon) ID-10029820

Il est bien sûr tentant d’utiliser systématiquement tous ces mots anglais qui résonnent, qui font branché, qui font “business”, pro, expert (pseudo expert souvent), mais je remarque aussi que l’on perd pas mal de temps à expliquer à des clients peu qualifiés en langue, ce que signifie ce jargon.

Beaucoup de marketeurs débitent à la minute des tonnes de termes en anglais. Comme si le fait d’empiler un vocable suffisait à être logique et à démontrer une notion avec une clarté imparable.

Ainsi, au client auquel vous répondez “je vais vous créer une super landing page en flat design“… Oui, bien sûr. (Une page de lancement en design plat, pour ceux qui n’auraient pas suivi).
Vous croyez que cela va l’impressionner ? Il a surtout besoin de comprendre et d’être assuré d’une création à son image, adaptée à ses objectifs et aux habitudes des internautes (utilisateurs).

En ce qui me concerne, j’essaie toujours de dire :

  • “actualiser” au lieu de “updater”.
  • “modèle économique” au lieu de “business model”.
  • “page d’accueil” au lieu “homepage”

Soyons honnête : bien évidemment, je suis comme tout le monde, et je m’entends dire plus souvent page rank à la place d’indice de popularité…

Pourquoi utilise-t-on l’anglais ? ID-100207003

L’usage par une majorité vous contraint parfois à suivre le mouvement…

Ainsi, il y a quelques années, dans mon métier, je parlais de “communication narrative” : j’en suis revenue à employer le terme storytelling.

J’ai un aveu à faire (vous le gardez pour vous) : j’adore la langue française, il m’arrive pourtant d’écrire ASAP (alors que AQP est plus court !).

Tout dépend à qui l’on s’adresse et de l’activité.

Le français est une langue magnifique et littéraire. Mais sur un plan professionnel et dans le monde des affaires, la mondialisation n’a cure des circonvolutions syntaxiques de la langue de Voltaire, Proust ou Zola.

Voyez comme pour tout développeur qui code, les langages sont le plus souvent en anglais. Quand une “communication” a une dimension internationale, il est évident que l’on utilise la langue qui prédomine, tout simplement.

Employer des mots anglais n’est pas nouveau, quelle que soit l’activité ou la discipline.
Je me souviens qu’en 1979, quand j’ai eu mon premier walkman, on ne disait pas encore baladeur. Et quand je m’éclatais en windsurf (pardon, en planche à voile) ou bien en skateboard (pardon en planche à roulettes), il est évident que fusait déjà une quantité impressionnante de vocabulaire américain, notamment pour illustrer des figures !

Contrairement aux lois en vigueur au Québec, très sévères sur la question – les Québécois étant les champions de la défense de la francophonie –, en France, on est libre de parler comme on veut. Mais il est dommage que des Français qui échangent entre eux, utilisent un mot anglais récent alors que l’équivalent en français existe bien, et depuis longtemps.
Le principal, dans un cas comme dans l’autre, étant que l’on sache de quoi on parle…


* Le saviez-vous ? Les mots d'une langue étrangère qui ne figurent pas dans le
dictionnaire, sont à mettre en italique (en romain si inclus dans un texte déjà
en italique). Une règle rarement respectée !

Numérique ou digital ? Une ambiguïté bien française

file0002120440786Petit rappel de base

DIGITAL en français vient de digitus (doigt). Il s’agit de tout ce qui requiert l’utilisation des doigts. Par extension, cela inclut tous les supports aux contenus dits virtuels auxquels on peut accéder en usant de ses mains : que ce soit par un clavier ou par un écran tactile.

  • À noter qu’en anglais, digital relève des numéros puisque “digit” veut dire chiffre

Là où cela peut prêter à sourire, c’est qu’écrire à la plume, pardon, au stylo – oui, vous savez sur un papier en bois d’arbre… – demande aussi l’utilisation de la main, les doigts bien rassemblés autour de l’outil. Donc logiquement, on peut penser qu’ici, l’approche est tout aussi digitale…

NUMÉRIQUE vient de numerus (nombre) et sous-entend une numérotation.

Quand on dit “numérique”, on pense souvent à “en ligne” on pense aussi à électronique, symbolisé par le “e” (voir plus bas).

Digital = numérique (et inversement)

Notez-le une fois pour toute : l’adjectif anglais digital se traduit en français par “numérique”. Les deux termes sont donc SYNONYMES !

Comme le préconise la règle avancée par l’Académie française, le terme francophone à employer est donc bien numérique.

Le problème est que la réalité est tout autre : notamment parce que les termes anglo-saxons envahissent aisément la sphère lexicale dans des domaines aussi divers que la communication, le marketing, l’innovation et bien sûr les technologies : “raconter une histoire pour des supports numériques” est évidemment plus long que de dire digital storytelling

D’autre part, avant 1968, le terme français digital(e) ne se référait pas aux nombres, mais aux doigts ; de plus, il n’a toujours rien à voir avec son faux-ami anglo-saxon !
Le terme anglais digital, quant à lui, s’applique à l’informatique depuis 1945.
Encore un quiproquo qui tend à nourrir la confusion ! (Voir plus bas.)
En savoir plus.

En français, beaucoup de mots possèdent plusieurs définitions. L’idéal serait de les connaître toutes…

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Utilisation

Bref, le terme “digital” est utilisé de plus en plus à toutes les sauces.
Mais en matière informatique, “numérique” convient en français. Il est d’ailleurs utilisé pour des objets concrets, comme par exemple un appareil photo, auquel on attribue le qualificatif “numérique” : boîtier numérique, caméra numérique (les Anglais disent digital camera donc), tableau numérique, tablette numérique (ou tactile).

On prononce parfois uniquement l’adjectif, qui devient alors tout à fait librement un nom commun : “Passe-moi ton numérique” !
(Notons, en passant, que l’on se met à dire également “le digital” comme nom donné au champ qu’il recouvre.)

L’adjectif “numérique” s’emploie également pour d’autres aspects :

  • cantine numérique, école numérique, bibliothèque numérique, comme par exemple la BSN (espaces, lieux scientifique ou culturel) ; on parle également de “territoire numérique”.
  • salon du numérique, assises du numérique, transition numérique (événement, période) ;
  • journal numérique (que l’on peut appeler aussi journal électronique…), d’ailleurs on parle aussi souvent de “document électronique”.

Personnellement, j’aime assez utiliser l’adjectif “électronique” car au moins, il veut dire la même chose en anglais et en français. On voit tout de suite de quoi on parle. Il permet de mettre tout le monde d’accord dans cette ambiguïté purement francophone.

Électronique : le premier terme apparu, avec le e de electronic collé devant, fut sans nul doute le e-mail. On voit souvent passer des e-book, sans parler de e-commerce, de e-boutique, de e-marketing, de e-learning. On a “franglisé” peu à peu, en raccourcissant les termes afin de rester au plus proche de ce qui se dit dans le monde (donc en anglais).
Et puis le “e” devant un terme est vraiment un symbole international que tout le monde identifie tout de suite comme relatif à ce qui est virtuel, c’est-à-dire en ligne. Aujourd’hui, le trait d’union tend à disparaître et c’est de plus en plus souvent que l’on peut lire : ebook, email, epub, etc.

Le français entretien la confusion

Exemple : dans son titre de référencement nancy numérique se définit comme un “cluster de l’économie digitale“.

Alors que la cantine numérique de Toulouse, “La Mêlée”, se définit comme “association fédératrice des acteurs de l’économie numérique

Il existe ainsi des centaines d’exemples. Tantôt certains acteurs utilisent l’adjectif “digital(e)” quand d’autres utilisent “numérique”. En France, on a tendance à utiliser tour à tour l’un ou l’autre de ces termes pour dire la même chose, puisque ce sont des synonymes.

Et quand on hésite ? Libération précise les deux dans un titre !!

La confusion est constamment entretenue entre ces deux termes, d’autant plus qu’un troisième “sens” intervient pour parler de cette notion de manière plus générale…

Digital au sens large

En effet, le terme digital est aujourd’hui beaucoup plus souvent employé au sens large pour parler de tout ce qui suppose se rapporter aux technologies numériques (aux supports, aux réseaux), mais aussi aux services et autres notions professionnelles relatives à une utilisation de la sphère numérique.

Cela vient essentiellement du fait que le jargon utilisé dans certaines disciplines, garde les termes anglais. Le vocabulaire anglo-saxon s’installe et s’étend dans tous les pays de fait.

Ainsi : digital content (pour contenu numérique), digital 2.0, digital storytelling, digital media, digital branding, digital native, etc. Mais au lieu de traduire par exemple digital marketing en marketing numérique, les professionnels ont pris l’habitude de dire “marketing digital”.

“Digital” devient une norme. Et du coup, on se met à franciser : communication digitale, foyer digital… Ce qui est risqué et faux au niveau du sens (si l’on s’en tient aux définitions de base). Par exemple, il est plus logique de dire technologies numériques que technologies digitales.

De même, “empreinte digitale” (empreinte des doigts…) n’a rien à voir avec la formule “empreinte numérique” qui n’a pas vraiment de sens.

Pourtant, il faut se rendre à l’évidence que “contenu numérique” est un peu malheureux à l’oreille avec cette double syllabe “nu”.

Du coup, comme “contenu digital” n’est pas juste, on a tendance à garder la version anglaise digital content (qui elle, est juste). Vous suivez ?

Pour les francophones, “numérique” est logiquement la réponse au titre de ce billet !
Alors, digital ou numérique ? Les deux mon Général, à condition de savoir les utiliser correctement, dans le bon contexte.
Si les Français étaient bilingues anglais (rêvons un peu), l’ambiguïté serait plus facile à lever car ils pourraient mieux comprendre la différence linguistique.


Une chose est sûre : en France, on aime bien se compliquer la vie. De quoi en perdre son latin !
Surtout quand on se pose d’autres questions pertinentes comme FrenchWeb l’a fait dernièrement avec cet article “Où est le digital dans la transformation digitale ?“.


Tactile ?

Un support tactile est un support qui réagit quand on le touche :  toute chose vivante, par définition, est tactile. Mais sur le plan technologique, l’informatique propose depuis pas mal d’années maintenant des écrans tactiles : un écran qui peut prendre différentes formes (tablette, smartphone, montre, borne, tv, plateau table…) et qui réagit lorsqu’on le touche. Créant une interactivité, sans fil, sans clavier.

Goody

Langage oral : des tics en rafale

0007644534Q-849x565Si vous avez une écoute attentive, il ne vous aura pas échappé que chacun d’entre nous peut présenter un tic de langage… (y compris votre serviteur). Il y a ceux qui débutent presque toutes leurs phrases par “c’est vrai que”, ceux qui placent un très agaçant “effectivement” ou “absolument” à tout bout de champ, ceux qui ont toujours besoin de commencer par “écoutez”, etc. De quoi vous faire dresser l’oreille !

.

Et vous, quel est votre tic de langage ?

Quelques fins de phrases :

… on va dire.       (Un des plus énervants ! Je ne l’ai jamais compris…)
… quelque part.  (Aussi énervant que le précédent.)
… voilà.                (Se place aussi bien en milieu de phrase qu’à la fin…)
… quoi.                 (Celui-là dépend des régions.)
… tu vois.
… d’accord ?        (S’entend souvent chez les parents s’adressant à leur enfant.)
… point barre.     (Un point, c’est déjà pas mal.)
mais pas que.  (A supplanté “mais pas seulement”.)
… ou pas.              (Ce tic récent est pratique en diplomatie. Mais, il peut devenir lassant.)

Quelques débuts de phrases :

Tout à fait…         (Quand il est répété dix fois.)
C’est vrai que…   (Idem.)
C’est clair…          
(Vient souvent en simple réponse, tout comme “carrément”.)
Sérieux…              (Erreur syntaxique qui a remplacé “Sérieusement”.)
En fait…
J’vais t’dire…
Disons que…       

Des erreurs récurrentes

Dire “entre parenthèses” au lieu de “entre guillemets”.
Ces expressions ne sont pas toujours utilisées à bon escient. Lorsque vous digressez (pour détailler une info ou pour donner un avis), vous ouvrez donc une parenthèse, que vous refermez ensuite, et vous pouvez le dire oralement.

Lorsque vous vous exprimez au figuré ou bien lorsque vous prononcez une phrase ou un mot de manière ironique par exemple, vous soulignez alors le fait que, bien sûr, c’est entre guillemets que vous le dites… Cela sous-entend un “si l’on peut dire” ou “si j’ose dire”.

Il y a aussi pêle-mêle : “j’veux dire”, “ça le fait”, “au taquet”, “genre”, “juste”, “malgré que”, “en même temps”, “attends”, “tu m’étonnes”, “grave”, “surréaliste”. Pour ce dernier terme, j’avoue avoir moi-même la fâcheuse manie de formuler un “c’est Star Trek”…

Il y en a ainsi des dizaines qui écorchent nos oreilles au quotidien. D’ailleurs, l’on s’aperçoit que ce sont toujours les mêmes qui passent en boucle. La plupart de ces tics malmènent la syntaxe du français sans états d’âme.

Concernant particulièrement le mot juste, on le retrouve très souvent placé n’importe où.

Par exemple : “C’est juste pas possible.” Cette expression, dont la syntaxe a été jetée aux oubliettes, est légèrement différente d’un simple “ce n’est pas possible”, puisque “juste” apparaît ici comme une notion de limite, venant appuyer un effet catégorique, sans autre alternative.

Inversement – et plus justement –, on l’utilise aussi pour souligner la simplicité d’une idée, d’une action : “C’est juste un petit bobo.

L’adverbe “TROP” qui revient comme un ronron

Impossible de ne pas avoir perçu ce phénomène de mode, très partagé chez les ados (ou alors vous habitez Pluton) : “trop pas” étant l’ultime expression pour le moins absconse.

Cette inversion, qui n’a absolument rien à voir avec “pas trop”, souligne l’intensité de la nature du sujet qualifié. Donc “trop pas” signifie ici “pas du tout !”.

L’adverbe “trop” doit en principe compléter un verbe (il travaille trop) ou venir renforcer un adjectif ou un autre adverbe (elle parle trop vite ; la mer est trop basse pour se baigner).

Mais ce “trop” est également mis à toutes les sauces. Certains l’utilisent sans s’en rendre compte dans presque toutes leurs phrases… Que de tics en stock !

Rappelons que le mot trop évoque l’idée de quantité et veut dire à l’excès, de manière démesurée. Cela me permet donc de faire cette pirouette en disant que “trop, c’est trop !”.

Des exemples ? Il vous suffit simplement de taper dans Twitter le hashtag #trop pour vérifier à la fois la popularité de ce tic et la moyenne d’âge des twittos…

Il est trop, lui” : trop quoi ? On ne sait pas. Utilisé à tort comme un adjectif, cet adverbe peut en effet prêter à confusion, aucun vrai adjectif explicite n’étant employé à la suite.

Du coup, cela peut sous-entendre tout et son contraire : par exemple, le fait d’être un drôle de zigoto mais dans un sens négatif (voleur, menteur, baratineur…) donc trop “mauvais” dans son attitude ; ou alors dans le sens positif (il est malin, il est beau, il est drôle, etc.).

Même si l’on peut évidemment comprendre ce qui est exprimé grâce au contexte de la conversation et/ou au ton employé, cette habitude de ne pas terminer une phrase ouvre la porte à toute sorte d’interprétations appauvrissant la liste d’adjectifs extraordinaires, autrefois proprement utilisés, réduits aujourd’hui à un seul et même ridicule petit mot.

Goody : essayez de répéter à haute voix ce mot devant votre chat : “trop, trop, trop trop, trop, trop, trop, trop, trop, trop, trop”… Il va vous adorer.

Le double sujet…

La cerise sur le gâteau : le tic qui s’est installé insidieusement dans notre langage courant est une forme grammaticale, ou plutôt un effet de style employé par à peu près tout le monde. Je veux parler du sujet utilisé deux fois de suite de manière systématique.

Exemples :
La pizza, elle est froide.” (Au lieu de “la pizza est froide”…)
L’ordi, il est cassé.” (Au lieu de “l’ordi est cassé”.)
Ma fille, elle veut changer son portable.. (Au lieu d’un simple “Ma fille veut changer son portable..)
Monsieur Trucmuche, il est au forum des entreprises” (Au lieu de “Monsieur Trucmuche est au forum des entreprises..)

Ce tic de langage – qui crée un pléonasme – a malheureusement atteint aussi les journalistes ou animateurs radio, ainsi que leurs invités, quels qu’ils soient. C’est une véritable épidémie.
“Trop la honte quoi !”