Un saut au pays des ICO

Vous avez dû vous rendre compte que la fréquence de mes articles s’était réduite comme une peau de chagrin. En effet, j’ai multiplié mes tâches à partir d’un dimanche de l’été 2017 où je réfléchissais à tous ces jetons cryptographiques faisant de plus en plus parler d’eux, bien que le premier du genre existât depuis presque dix ans.

De même que la technologie associée : blockchain ou chaîne de blocs. Le mot magique une fois prononcé des milliers de fois depuis deux ans alors que ce n’est pas un concept récent, ma curiosité a été séduite par plusieurs nouveaux projets, notamment celui de Komodo.

Mon intérêt s’est transformé en réaction concrète quand j’ai découvert une autre initiative correspondant à mes penchants naturels pour des alternatives écologiques, au vrai sens du terme.

Ainsi me suis-je retrouvée au cœur d’une aventure qui allait lancer son ICO : initial coin offering ou offre initiale de pièce. En l’occurence un jeton dématérialisé, et résumé par l’adjectif “crypto”.


Mais quel lien entre ce que je fais et une ICO, qui plus est étrangère ?

Écartons d’emblée la notion “d’étranger” car pour moi les frontières n’existent pas, et peu importe la nationalité des créateurs de projets. Depuis mon enfance, j’ai toujours été ouverte au monde, avec une curiosité qui m’a poussée à parler rapidement anglais afin d’échanger, aspect qui n’est pas toujours dans la culture française malheureusement.

Bref, dès le mois d’août 2017, je me suis retrouvée “advisor” de l’équipe de Biocoin, un projet basé en Russie, dont tous les membres parlent évidemment l’anglais. L’idée ici n’est pas d’en faire la promotion, mais de poser analyse de ma première expérience d’ICO.

Une méthode Agile pour un modèle nouveau et sans recul

Si je me suis beaucoup occupée ces derniers mois, en dehors de mon travail habituel, c’est parce qu’une ICO n’est pas un projet comme un autre : il demande une communication ad hoc.

En effet, ce n’est pas parce qu’on lance un projet lié à un secteur en plein développement — mais qui n’en est qu’à ses balbutiements —, que c’est du tout cuit. Le fond, la forme, la présentation ont une fonction non négligeable.

Communiquer, informer, apporter des arguments, des exemples, expliquer, démontrer, créer les supports, répartir les contenus, animer les réseaux sociaux, ne pas dire n’importe quoi, tout cela en tenant la distance grâce à une implication quotidienne et néanmoins réactive.

Je suis le monde des start-up depuis fort longtemps. Or je pensais ma nature peu encline à une méthode Agile (pourtant bien utile). J’ai été servie. Non seulement je sortais de ma zone de confort, mais j’allais vivre une ICO en direct, de l’intérieur, qui plus est en mode russe, une culture que je ne connaissais finalement qu’à travers les livres et les poètes.

En passant, ce que j’ai découvert de positif serait trop long à décrire, et m’envahit du sentiment de désespérance face au bashing systématique de la part de l’Occident (y compris de la France) envers ce pays en mutation – tout aspect politique mise à part.

Concernant mon rôle sur ce projet, je me suis éclatée et ma satisfaction perdure. J’ai appris à maîtriser ma nature perfectionniste : faire le mieux possible ce que l’on peut faire dans le temps imparti. Je rentrais de plain-pied dans un vortex multidimentionnel, à la fois en langue étrangère (beaucoup de traduction à la clé), innovant, disruptif, humain, Agile en mode +++, vous n’avez pas idée.

Une chose reste immuable : la formulation des idées

Communiquer, quelle que soit la langue, demande de rédiger avec cohérence. Même si pour l’instant, ce projet international est davantage connu en Russie parce que son déploiement se focalise là-bas, la fonction d’écrire, de transmettre, de répondre aux usagers, de poster sur les réseaux ne change pas. Certes, la façon de le faire doit être adaptée à la culture de la cible. Aujourd’hui, je navigue entre trois langues et des cibles de tous pays.

J’avoue avoir été rarement aussi enthousiasmée de travailler avec une équipe. Et mes compétences ont trouvé de quoi s’épanouir, avec la confiance immédiate, la sympathie, le soutien et la reconnaissance des créateurs du projet.

Moi qui n’aime pas perdre de temps, mon habituelle frustration lors de missions ponctuelles pour des projets français, a été balayée en un coup de bala… laïka. Mon intronisation dans le monde des ICO a été rapide et nette. Les doutes et autres peurs qui paralysent souvent les projets dans l’hexagone, n’étaient pas à l’ordre du jour.

Pourtant, cette ICO – la première officiellement reconnue comme légale en Russie au passage – a été lancée à une période de pré-réglementation non clarifiée de ces formes de levée de fonds liée à des jetons ; à un moment aussi où le sujet des crypto-monnaies fait encore l’objet de questionnements.

Ce projet est aujourd’hui en développement technique, en phase avec sa feuille de route, après la réussite de cette ICO qui a levé 16 millions de dollars, contre 15 millions prévus dans le livre blanc. Maintenant, seul l’avenir nous dira ce qu’il en est du développement de ce projet. On verra bien. Je suis cela seulement de loin.

Il se trouve qu’aujourd’hui, d’autres fondateurs de projets en phase de préparation d’initial coin offering me contactent pour me demander conseils et services (hormis en France, car cette pratique est encore très timide et soumise à plus de contraintes).
Étant donné que je ne suis pas bilingue franco-russe, j’examine ces projets seulement s’ils ont une dimension réellement internationale, si leur idée tient le haut du pavé et si une langue commune, a priori l’anglais, est possible.

Vu le temps que tout cela m’a pris, vous comprendrez donc que mon planning de publication sur mes différents blogs pro et perso s’est un peu, beaucoup, rétréci.

Mon double saut au pays des soviets et des ICO a apporté de l’eau au moulin de ma réflexion sur la technologie (notamment blockchain), sur la tech en général et sur le monde.

Quant à mon métier à plusieurs ramifications, il reste fondatementalement celui de la transmission avec les mots les plus justes, pour servir si possible des idées et des causes qui ont du sens.

“Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement.”

Une ICO, ce n’est pas du gâteau

Lancer un projet ne s’improvise pas. L’idée, la technologie développée, la faisabilité, la scabilité, l’innovation, la feuille de route, mais aussi la compétence de l’équipe sont autant de paramètres déterminants dans le déroulement d’une ICO. Du travail, de la remise en question, de la technicité, beaucoup d’études et de réflexions en amont, des objectifs atteignables et des partenariats complémentaires.

La cerise sur le gâteau ne peut être posée que lorsque le projet a démontré son intérêt ET a séduit les investisseurs.

Un moteur commun dans une telle aventure est évidemment une passion pour l’exercice d’innovation et d’entreprenariat habillé d’une motivation.

Ce que j’en ressors ?

1. Les bâtons dans les roues surgissant parfois du jour au lendemain n’empêchent pas de penser ni d’avancer.
2. Un aléa ou un imprévu peuvent être surmontés : il faut toujours rester optimiste.
3. Une découverte du caractère russe.

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