De l’utilité d’un contenu de qualité

Début mai, Abondance postait un billet avec cette question :
une pénalité massive appliquée contre le contenu de faible qualité ?

Ne nous emballons pas et surtout, ne voyons pas Google comme un grand méchant loup proviseur distribuant des bons points ou mettant au coin. Rumeur ou pas, de toute façon, la question importe peu si l’on a toujours adopté la démarche de base qui est d’offrir du contenu fourni et (si possible) de qualité. Lire la suite “De l’utilité d’un contenu de qualité”

Orthographe du mot “start-up”

Start-up : depuis que ce terme circule – particulièrement concernant une activité en lien avec une technologie ou un service via Internet – on le voit écrit à toutes les sauces !

Face à mon propre doute, la curiosité m’a poussée à enquêter pour en avoir le cœur “Net” une fois pour toute. Lire la suite “Orthographe du mot “start-up””

Billet de blog ou article de blog ?

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Billet ou article de blog ? Quelle est la différence, et d’abord y en a-t-il vraiment une ?

Soyons clairs : les termes “billet” et “article” sont a priori synonymes. Néanmoins sur le plan de la longueur, un billet est plus court et moins détaillé que peut l’être un article. C’est pourquoi on parle de “petit article” pour définir un billet.

En presse écrite, c’est donc Lire la suite “Billet de blog ou article de blog ?”

Faut-il bannir les articles qui comportent des fautes ?

Humeur du jour…

Les fautes de grammaire me hérissent le poilAfin de parvenir à retrouver un peu de qualité dans toutes ces informations en ligne qui nous sont données à lire, je me demande s’il ne faudrait tout simplement pas éviter de partager les articles qui présentent des fautes.

Peu importe si je passe pour une radicale, alors que je suis simplement exigeante en matière de qualité, sur le plan de la forme. Ce qui, après tout, paraît normal professionnellement parlant.

Pourquoi ce billet d’humeur ? Lire la suite “Faut-il bannir les articles qui comportent des fautes ?”

Les dérives de la rédaction Web (3/3)

On apprenait en juin que la start-up Textmaster levait des fonds conséquents pour son développement : une plate-forme qui est donc supposée rentable. Et pour cause… à 6 cts le mot !

Ce troisième volet sur la rédaction Web aborde l’aspect de la course à la rentabilité (pas la même pour tous).
Lire la suite “Les dérives de la rédaction Web (3/3)”

La rédaction Web est-elle compatible avec la vitesse ? (2/3)

La rédaction est-elle compatible avec la vitesse ?Vous l’avez sûrement remarqué, c’est par dizaines que l’on voit passer des billets sur les mille et une façons d’écrire un article en une heure, mais aussi en 20 minutes et même en 10 minutes, voire en 5 minutes !
Mais que devient la qualité de réflexion quand celle-ci n’a plus de temps ni de recul ?

Exemples :
5 étapes pour écrire un article de blog en une heure top chrono.
Rédiger un texte propre et unique en 9 minutes.
Comment rédiger vos articles en 5 à 10 minutes.

La formule “top chrono” m’exaspère au plus haut point. Mais après quoi court-on, que diable ?
Le pire est dans ce billet “4 idées d’articles à écrire en moins de dix minutes pour blogueurs pressés et overbookés“.

Au moins ici, la démarche est justifiée : cela s’adresse à des blogueurs pressés (dommage pour eux), voire overbookés.

Oui, le summum de l’absurdité est tristement atteint. L’écriture, et encore plus si le texte se veut concis, demande du temps. Comment alors peut-on imaginer offrir de la qualité quand la notion d’immédiateté prévaut sur tout le reste ?

La vitesse : le mot magique qui stresse

La question est évidemment au cœur du problème : comment rédiger un bon article pour le Web ?… “Bon” est un adjectif aléatoire, car tout dépend de la satisfaction du lecteur en fin de lecture. Un point c’est tout.

Cela me fait penser à ces artisans qui soulignent à qui mieux mieux la notion de rapidité, comme si c’était devenu une qualité “vous vous rendez compte, et en plus, je travaille vite !“. L’argument de vente qui me donne des boutons par excellence…

Que ce soit pour de la peinture, pour de la maçonnerie, pour changer des fenêtres, pour réparer je ne sais quoi : chaque fois, c’est la même rengaine ! Mais non, justement, je ne veux pas que vous alliez vite. Au contraire, cela me fait douter du résultat final.

Combien de fois voit-on un travail certes terminé “selon les délais du devis”, mais qui s’avère salopé, bâclé ? (Sans parler de la qualité des produits utilisés…)

Un peintre en bâtiment, ou tout autre sous-traitant, qui me dit qu’il travaille vite, voire très vite, me fait peur et ne risque pas d’avoir mes faveurs. Le travail bien fait demande de s’appliquer et non pas de courir un marathon. Je sais que pour eux, le temps compte également : en effet, pourquoi répondre à cinq clients dans une journée quand on peut en faire dix ?… C’est le système économique dans lequel nous sommes imbriqués qui veut ça. Bien sûr qu’on le sait. Il n’empêche qu’on a le droit de revendiquer la qualité.

Une chose est évidente : la notion de qualité n’a pas forcément la même valeur pour tout le monde. Elle ne veut pas dire la même chose puisque d’un côté, les objectifs peuvent être différents, tout comme en face, les attentes peuvent être différentes.

La qualité d'un contenu est-elle compatible avec la vitesse ?La qualité d’un contenu est-elle compatible avec la vitesse ?

Là encore, qu’appelle-t-on un contenu de qualité :
– est-ce celui qui sera court et rempli de mots-clés basiques, mû par le désir et l’objectif unique d’être référencé (le référencement étant démoniaquement fluctuant) ?
– où bien est-ce un contenu utile, quelle que soit sa longueur (utile dans le sens d’apporter réellement de l’eau au moulin de la réflexion d’un sujet donné) ?
Vous allez me dire dans l’idéal, écrire pour le Web, c’est arriver à un équilibre entre les deux (sujet abordé dans contenu de qualité).

Rédiger à la hâte n’est pas forcément gage de qualité. L’approche n’est évidemment pas la même, l’objectif non plus, semble-t-il. Je parle notamment d’un billet de blog. Car bien évidemment, une annonce pour répondre à une crise par exemple ne pourra pas s’assurer du moindre recul ; mais dans ce cas, le vocable employé est bien souvent préparé en amont, en prévision d’aléas.

À l’inverse, ce n’est pas parce qu’on a mis du temps à rédiger un texte, qu’il soit court ou long d’ailleurs, qu’il sera forcément un article de qualité. Tout est relatif, comme dirait notre ami Einstein.

Toutefois, prendre le temps de réfléchir à ce que l’on transmet et à bien le rédiger (même pour le Web), est une forme de respect aussi pour le lecteur-internaute. Car, ne l’oublions pas, c’est d’abord pour lui que l’on écrit !

Alors vouloir se dépêcher à tout prix de publier un billet en moins de temps qu’il ne faut à un oiseau pour gober une mouche, me paraît contradictoire : est-ce alors que l’on est si pressé pour vouloir se débarrasser de cette tâche au plus vite, comme si c’était une corvée ? Serait-ce qu’elle nous passionne si peu ?

Devoir bâcler quand il s’agit d’un scoop avec une deadline, de l’actu toute chaude, cela peut encore se comprendre (“bâcler mais le mieux possible” étant la célèbre expression de Frédéric Pottecher, peut-être encore enseignée dans les écoles de journalisme). Mais pour un article ou un billet de blog, même professionnel, même soumis au temps, la vitesse est un tueur à gage, qui risque justement de ne plus pousser l’internaute à l’engagement.

Mon sous-titre met en parallèle qualité et vitesse. Le temps n’étant pas pris pour réfléchir en profondeur au sujet abordé et le développer correctement, la question peut effectivement se poser sur la qualité finale du message que l’on veut partager. On risque alors de se retrouver avec peu de matière, qui plus est toujours la même ! La pensée s’appauvrirait-elle ? C’est plutôt que pieds et points liés à la mesure imposée de rapidité, on n’a plus le temps de penser…

Un contenu écrit en dix minutes manque par définition de recul. Du coup, la forme et le fond en font souvent les frais. Alors qu’une information peut avoir de la valeur sur le fond, elle est publiée tellement vite qu’on ne s’embarrasse pas toujours de servir son réel intérêt. Elle va être exploitée en termes de temps “je suis le premier à vous le dire“, ou bien “voyez je produis du contenu, je publie tous les jours, j’existe !”.

Bravo pour le record, mais personnellement, j’ai rarement vu un billet écrit et posté à la va-vite totalement exempt de fautes – alors que l’absence d’erreurs fait aussi partie de la qualité d’une rédaction. Par conséquent, n’est-ce pas se ficher un peu de la tête du lecteur-internaute ?

Vitesse et rentabilité : un leurre

La société est tombée dans une spirale de précipitation permanente où la notion de productivité, de quantité (ici particulièrement en termes de contenu) paraît avoir tout détrôné.

Alors que d’une part et comme on le sait, la quantité n’est pas toujours forcément un gage de qualité, et que d’autre part le traitement d’un sujet en profondeur ne peut se faire que si l’on a n’a pas de train à prendre.

Rédiger “pardessus la jambe” selon l’expression, permet peut-être de buzzer temporairement sur un texte court que l’on aura truffé de techniques SEO, mais ne risque guère de rester dans les annales.

Plus encore, on continue de croire que vitesse est synonyme de rentabilité. Cela me rappelle une certaine fable de la Fontaine avec un lièvre et une tortue…

PS : en général, 1 heure est une bonne moyenne. J’ai mis environ 2 heures, en termes de mobilisation totale pour écrire cet article, le temps de choisir ce que je voulais dire sur le sujet par une petite réflexion (lecture comprise des infos mises en lien), de le laisser mariner, de revenir dessus, de couper des longueurs, de réécrire, de relire et corriger, de trouver des images libres de droit, etc.

À titre d’exemple, pour les plus longs billets de mon blog sur le storytelling, je peux mettre entre 1 heure et 4 heures. Alors 9 minutes chrono…

ET VOUS ? COMBIEN DE TEMPS PASSEZ-VOUS ?

Rédaction Web : savoir écrire, au vrai sens du terme (1/3)

Dans “rédaction Web”, il y a WEB, mais il y a aussi et d’abord RÉDACTION…

content seoQuand on parle de rédaction Web, on pense aussitôt et systématiquement à l’adaptation des mots, rebaptisés “mots-clés”, traités comme de véritables vaches sacrées, pour plaire au référencement. Car ce qui compte, semble-t-il n’est hélas plus ce que l’on dit mais comment on le dit.

Le concept calculateur de SEO s’est installé au détriment de la belle langue dont l’écriture représentait de la rédaction, enfin, au premier sens du terme…

Rédaction : action de rédiger

Dans “rédaction”, il y a d’abord le fait de rédiger, de choisir les mots justes pour créer une phrase. C’est d’ailleurs la définition originelle de ce mot : action de rédiger. Le verbe “rédiger” étant au départ défini par “écrire, formuler”.

Cela peut être une pensée, un message publicitaire, un cours, une démonstration, une histoire humoristique, une annonce, une réponse, un compte rendu, un reportage, un pamphlet, une critique, bref, il existe moult natures de texte et encore plus de styles d’écriture.

Néanmoins, et pour en revenir à ce qui nous intéresse, le but de toute rédaction est donc de rédiger un texte formé de phrases qui ont du sens, à la fois en elles-mêmes et dans le contexte général du texte, du message.

Mais pas seulement. Il est tout aussi important – et respectueux pour le lecteur – de créer des phrases offrant une certaine élégance, c’est-à-dire équilibrées et surtout bien écrites, sans erreurs d’ordre syntaxique, orthographique, grammatical ni même d’ordre typographique… Sans parler du style.

Car si le but premier est de se faire comprendre, il n’en reste pas moins qu’un texte dont le flux coule harmonieusement, comme une rivière, laisse un goût bien plus agréable au lecteur. Au risque de me répéter, il est évident qu’on ne pense pas assez au confort de lecture !

Or, outre une mise en page aérée, le style et le respect des règles de la langue dans laquelle on rédige, y contribuent !

Voir mon billet précédent au sujet des fautes.

Qualité d’un contenu : attention aux fautes !

UnknownJe voudrais donner mon avis sur un billet que je ne peux décemment pas laisser passer tant celui-ci m’a contrariée. Je veux parler de la qualité rédactionnelle, la vraie, pas celle focalisée sur les mots-clés en vue d’un référencement et autre trafic juteux.

 

Revenons aux fondamentaux

Un contenu de qualité, on ne le répètera jamais assez, passe par trois éléments : la valeur du propos (ce que l’on dit), la forme de l’écriture (comment on le dit), et enfin le respect des règles (grammaire, syntaxe, orthographe, typographie).

Ce sont les trois axes principaux : Lire la suite “Qualité d’un contenu : attention aux fautes !”

Économiser de l’argent ou gagner de l’argent ?

ID-100144092Qu’est-ce qu’une formule juste ?
C’est une formule qui dit bien ce qu’elle veut dire, qui utilise donc les bons mots.

Or, force est de constater que dans ce flux gigantesque et continu d’information, ce n’est pas toujours le cas. C’est même l’ère de la sémantique chaotique.

Voici un exemple récent de titre rédigé avec une tournure de phrase dont le sens n’a pas de sens (sic).


“Économiser de l’argent” n’a pas le même sens que “gagner de l’argent”

Ce week-end, est sortie une info fort sympathique selon laquelle un adolescent de 14 ans a découvert que certaines polices de caractères imprimées demandaient moins d’encre, ce que tout bon graphiste print sait déjà.

MAIS le titre formulé par Slate.fr et relayé un peu partout, est trompeur :
Le gouvernement américain pourrait gagner des fortunes en changeant de police de caractères“.
Le verbe juste est “économiser”.
Faire gagner, non ! Faire économiser, oui !

On a pu lire également : “Le changement de police d’écriture peut rapporter des millions“.
Ce qui est donc totalement faux. Pas de dollars en plus (à moins de faire marcher la planche à billets), mais des économies, ça oui. Et pas qu’un peu.

Cette idée de choisir des polices moins buveuses d’encre, est tellement évidente qu’elle devrait d’ailleurs être largement appliquée depuis longtemps dans le cadre de la consommation de cartouches.

Beaucoup d’autres sites Web ont relayé cette info sans sourciller, sans se poser la question. En tant que rédactrice Web, je suis avant tout soucieuse du bon français.

Je fais partie de ceux qui pensent et soutiennent mordicus que ce n’est pas parce qu’un hypothétique référencement pousse à faire une fixette sur les algorithmes et les mots-clés, qu’il faut en oublier sa langue.

Seuls, quelques sites ont réussi à se démarquer correctement en titrant par exemple :
“… la police de caractères pourrait réduire les coûts d’impression“. L’idée de réduire les coûts est bien meilleure dans ce contexte. Et surtout plus logique !

La presse, quant à elle, a en général évité de tomber dans le panneau (L’ExpressLe Point, etc.).

économie ≠ gain

En plus, au départ, “économiser” veut dire, épargner, mettre de côté.
Quand on économise, on ne gagne pas plus, c’est simplement que l’on dépense moins…
“Gagner” (ici, gagner de l’argent) veut dire faire un profit financier.

Note : le verbe économiser n’est même pas forcément le plus juste, dans la mesure où ce coût abaissé des dépenses en impression, sera probablement réinjecté, dépensé sur un autre poste.

Il est simplement question de bon sens dans la gestion financière d’un budget. Mais l’économie au sens de mettre de côté n’a pas lieu d’être, aux États-Unis comme dans les autres pays, tous, rappelons-le, étant aux prises avec une dette colossale.

Et si je continue dans la même logique : on ne peut mettre de côté de l’argent qu’on n’a pas…
C’est hélas de plus en plus souvent que l’on peut voir passer ce genre de titre, ou le verbe gagner est mal utilisé, en lieu et place de la réalité et du sens, c’est-à-dire du verbe économiser !

Cela se rencontre principalement dans le champ marketing évidemment. Telle publicité vous informe d’une “promotion qui va vous faire gagner de l’argent”…

À longueur de journée, sur les ondes radio ou sur les publicités en ligne, on nous sert le même discours. Est-ce parce que l’idée de “gagner” fait davantage rêver que l’idée d'”économie” ?

Pour être logique, il suffit de réfléchir un peu

Même chose avec “gagner du pouvoir d’achat“. Si l’on se penche sur la formule, elle est totalement idiote, vous en conviendrez. En ne dépensant pas, nous économisons, c’est sûr ; mais en aucun cas cela fait rentrer de l’argent… Nous n’en perdons pas, mais nous n’en gagnons pas non plus.

Les soldes sont les championnes pour vous faire croire que vous allez gagner de l’argent  – sur votre fameux pouvoir d’achat – en achetant un pull à 10 euros plutôt à qu’à 40. Certes, vous faites (peut-être) une affaire sur le moment, dans le cas où vous aviez vraiment besoin d’acheter un pull. Mais vous ne gonflez absolument pas votre pouvoir d’achat !…

Le mieux est de ne pas dépenser du tout (le superflu, entendons-nous). On peut parler alors de véritable économie. 😉

Cet exemple permet de rappeler la subtilité du français. Les mots ont tous un sens. Mal utilisés dans une phrase (le plus souvent dans un article de presse d’ailleurs), ils peuvent vouloir dire n’importe quoi, voire son contraire…

Pourquoi le français est souvent remplacé par l’anglais

ID-100230255De plus en plus de formulations françaises, pourtant simples et compréhensibles, se voient bousculées par une vague de termes en anglais.

Cela peut se comprendre lorsqu’il s’agit de nouvelles notions importées et partagées dans le monde entier, particulièrement dans les secteurs des technologies, de la finance, de l’innovation, dans ceux du business et du marketing.

Mais attention : cela peut aussi donner un néologisme ou autre franglais jusqu’à en devenir ridicule…

 

Do you speak branché ?

Autant, des termes comme “teasing” ou “teaser” font depuis longtemps partie du champ lexical publicitaire, tout comme start-up dans le monde de l’entrepreneuriat (bien que beaucoup ont toujours du mal à en donner une définition claire), autant aujourd’hui, on voit passer une accumulation de notions, d’adjectifs ou de noms communs, qui restent en anglais : showroom, burn-out, bootcamp, lean, pitch, streaming, coworking, responsive, design thinking…

De même, start-up est resté tel que, car le français “jeune pousse” n’a pas vraiment pris.

Ou encore reach (“portée”), signifiant ici : influence, visibilité, le fait que l’on puisse vous atteindre et donc parler de vous, relayer.

Ainsi a-t-on tendance à garder les termes anglais, sans doute par commodité : c’est plus simple, plus court, plus facile.

Néanmoins, certaines formulations viennent remplacer, sans crier gare, des expressions qui existaient déjà en français…

  • Mission statement (“état de mission”) : il s’agit tout simplement de la feuille de route… Mais ça, c’était avant.
  • Supply chain : chaîne logistique.
  • Leasing : crédit-bail.
  • Spin off : essaimage.
  • Outsourcing : externalisation.
  • Crowdsourcing : collaboration (ou externalisation ouverte), participation de la foule.
  • Crowdfunding : financement par la foule (financement participatif).
  • Show-room : magasin d’exposition.
  • Business intelligence (BI) : veille économique (ou intelligence économique).
  • Cluster : groupe. On parle de “grappe” pour imager le principe, à l’instar du nuage (cloud).
  • Process : procédé… ou processus.
  • Lead : contact commercial.
  • Wording : utilisé en marketing, il tend à remplacer le tout simple et très clair “formulation”.

Un article intéressant de Slate.fr développe le sujet : franglais et anglicismes.

You know what I mean (de crayon) ID-10029820

Il est bien sûr tentant d’utiliser systématiquement tous ces mots anglais qui résonnent, qui font branché, qui font “business”, pro, expert (pseudo expert souvent), mais je remarque aussi que l’on perd pas mal de temps à expliquer à des clients peu qualifiés en langue, ce que signifie ce jargon.

Beaucoup de marketeurs débitent à la minute des tonnes de termes en anglais. Comme si le fait d’empiler un vocable suffisait à être logique et à démontrer une notion avec une clarté imparable.

Ainsi, au client auquel vous répondez “je vais vous créer une super landing page en flat design“… Oui, bien sûr. (Une page de lancement en design plat, pour ceux qui n’auraient pas suivi).
Vous croyez que cela va l’impressionner ? Il a surtout besoin de comprendre et d’être assuré d’une création à son image, adaptée à ses objectifs et aux habitudes des internautes (utilisateurs).

En ce qui me concerne, j’essaie toujours de dire :

  • “actualiser” au lieu de “updater”.
  • “modèle économique” au lieu de “business model”.
  • “page d’accueil” au lieu “homepage”

Soyons honnête : bien évidemment, je suis comme tout le monde, et je m’entends dire plus souvent page rank à la place d’indice de popularité…

Pourquoi utilise-t-on l’anglais ? ID-100207003

L’usage par une majorité vous contraint parfois à suivre le mouvement…

Ainsi, il y a quelques années, dans mon métier, je parlais de “communication narrative” : j’en suis revenue à employer le terme storytelling.

J’ai un aveu à faire (vous le gardez pour vous) : j’adore la langue française, il m’arrive pourtant d’écrire ASAP (alors que AQP est plus court !).

Tout dépend à qui l’on s’adresse et de l’activité.

Le français est une langue magnifique et littéraire. Mais sur un plan professionnel et dans le monde des affaires, la mondialisation n’a cure des circonvolutions syntaxiques de la langue de Voltaire, Proust ou Zola.

Voyez comme pour tout développeur qui code, les langages sont le plus souvent en anglais. Quand une “communication” a une dimension internationale, il est évident que l’on utilise la langue qui prédomine, tout simplement.

Employer des mots anglais n’est pas nouveau, quelle que soit l’activité ou la discipline.
Je me souviens qu’en 1979, quand j’ai eu mon premier walkman, on ne disait pas encore baladeur. Et quand je m’éclatais en windsurf (pardon, en planche à voile) ou bien en skateboard (pardon en planche à roulettes), il est évident que fusait déjà une quantité impressionnante de vocabulaire américain, notamment pour illustrer des figures !

Contrairement aux lois en vigueur au Québec, très sévères sur la question – les Québécois étant les champions de la défense de la francophonie –, en France, on est libre de parler comme on veut. Mais il est dommage que des Français qui échangent entre eux, utilisent un mot anglais récent alors que l’équivalent en français existe bien, et depuis longtemps.
Le principal, dans un cas comme dans l’autre, étant que l’on sache de quoi on parle…


* Le saviez-vous ? Les mots d'une langue étrangère qui ne figurent pas dans le
dictionnaire, sont à mettre en italique (en romain si inclus dans un texte déjà
en italique). Une règle rarement respectée !

Numérique ou digital ? Une ambiguïté bien française

file0002120440786Petit rappel de base

DIGITAL en français vient de digitus (doigt). Il s’agit de tout ce qui requiert l’utilisation des doigts. Par extension, cela inclut tous les supports aux contenus dits virtuels auxquels on peut accéder en usant de ses mains : que ce soit par un clavier ou par un écran tactile.

  • À noter qu’en anglais, digital relève des numéros puisque “digit” veut dire chiffre

Là où cela peut prêter à sourire, c’est qu’écrire à la plume, pardon, au stylo – oui, vous savez sur un papier en bois d’arbre… – demande aussi l’utilisation de la main, les doigts bien rassemblés autour de l’outil. Donc logiquement, on peut penser qu’ici, l’approche est tout aussi digitale…

NUMÉRIQUE vient de numerus (nombre) et sous-entend une numérotation.

Quand on dit “numérique”, on pense souvent à “en ligne” on pense aussi à électronique, symbolisé par le “e” (voir plus bas).

Digital = numérique (et inversement)

Notez-le une fois pour toute : l’adjectif anglais digital se traduit en français par “numérique”. Les deux termes sont donc SYNONYMES !

Comme le préconise la règle avancée par l’Académie française, le terme francophone à employer est donc bien numérique.

Le problème est que la réalité est tout autre : notamment parce que les termes anglo-saxons envahissent aisément la sphère lexicale dans des domaines aussi divers que la communication, le marketing, l’innovation et bien sûr les technologies : “raconter une histoire pour des supports numériques” est évidemment plus long que de dire digital storytelling

D’autre part, avant 1968, le terme français digital(e) ne se référait pas aux nombres, mais aux doigts ; de plus, il n’a toujours rien à voir avec son faux-ami anglo-saxon !
Le terme anglais digital, quant à lui, s’applique à l’informatique depuis 1945.
Encore un quiproquo qui tend à nourrir la confusion ! (Voir plus bas.)
En savoir plus.

En français, beaucoup de mots possèdent plusieurs définitions. L’idéal serait de les connaître toutes…

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Utilisation

Bref, le terme “digital” est utilisé de plus en plus à toutes les sauces.
Mais en matière informatique, “numérique” convient en français. Il est d’ailleurs utilisé pour des objets concrets, comme par exemple un appareil photo, auquel on attribue le qualificatif “numérique” : boîtier numérique, caméra numérique (les Anglais disent digital camera donc), tableau numérique, tablette numérique (ou tactile).

On prononce parfois uniquement l’adjectif, qui devient alors tout à fait librement un nom commun : “Passe-moi ton numérique” !
(Notons, en passant, que l’on se met à dire également “le digital” comme nom donné au champ qu’il recouvre.)

L’adjectif “numérique” s’emploie également pour d’autres aspects :

  • cantine numérique, école numérique, bibliothèque numérique, comme par exemple la BSN (espaces, lieux scientifique ou culturel) ; on parle également de “territoire numérique”.
  • salon du numérique, assises du numérique, transition numérique (événement, période) ;
  • journal numérique (que l’on peut appeler aussi journal électronique…), d’ailleurs on parle aussi souvent de “document électronique”.

Personnellement, j’aime assez utiliser l’adjectif “électronique” car au moins, il veut dire la même chose en anglais et en français. On voit tout de suite de quoi on parle. Il permet de mettre tout le monde d’accord dans cette ambiguïté purement francophone.

Électronique : le premier terme apparu, avec le e de electronic collé devant, fut sans nul doute le e-mail. On voit souvent passer des e-book, sans parler de e-commerce, de e-boutique, de e-marketing, de e-learning. On a “franglisé” peu à peu, en raccourcissant les termes afin de rester au plus proche de ce qui se dit dans le monde (donc en anglais).
Et puis le “e” devant un terme est vraiment un symbole international que tout le monde identifie tout de suite comme relatif à ce qui est virtuel, c’est-à-dire en ligne. Aujourd’hui, le trait d’union tend à disparaître et c’est de plus en plus souvent que l’on peut lire : ebook, email, epub, etc.

Le français entretien la confusion

Exemple : dans son titre de référencement nancy numérique se définit comme un “cluster de l’économie digitale“.

Alors que la cantine numérique de Toulouse, “La Mêlée”, se définit comme “association fédératrice des acteurs de l’économie numérique

Il existe ainsi des centaines d’exemples. Tantôt certains acteurs utilisent l’adjectif “digital(e)” quand d’autres utilisent “numérique”. En France, on a tendance à utiliser tour à tour l’un ou l’autre de ces termes pour dire la même chose, puisque ce sont des synonymes.

Et quand on hésite ? Libération précise les deux dans un titre !!

La confusion est constamment entretenue entre ces deux termes, d’autant plus qu’un troisième “sens” intervient pour parler de cette notion de manière plus générale…

Digital au sens large

En effet, le terme digital est aujourd’hui beaucoup plus souvent employé au sens large pour parler de tout ce qui suppose se rapporter aux technologies numériques (aux supports, aux réseaux), mais aussi aux services et autres notions professionnelles relatives à une utilisation de la sphère numérique.

Cela vient essentiellement du fait que le jargon utilisé dans certaines disciplines, garde les termes anglais. Le vocabulaire anglo-saxon s’installe et s’étend dans tous les pays de fait.

Ainsi : digital content (pour contenu numérique), digital 2.0, digital storytelling, digital media, digital branding, digital native, etc. Mais au lieu de traduire par exemple digital marketing en marketing numérique, les professionnels ont pris l’habitude de dire “marketing digital”.

“Digital” devient une norme. Et du coup, on se met à franciser : communication digitale, foyer digital… Ce qui est risqué et faux au niveau du sens (si l’on s’en tient aux définitions de base). Par exemple, il est plus logique de dire technologies numériques que technologies digitales.

De même, “empreinte digitale” (empreinte des doigts…) n’a rien à voir avec la formule “empreinte numérique” qui n’a pas vraiment de sens.

Pourtant, il faut se rendre à l’évidence que “contenu numérique” est un peu malheureux à l’oreille avec cette double syllabe “nu”.

Du coup, comme “contenu digital” n’est pas juste, on a tendance à garder la version anglaise digital content (qui elle, est juste). Vous suivez ?

Pour les francophones, “numérique” est logiquement la réponse au titre de ce billet !
Alors, digital ou numérique ? Les deux mon Général, à condition de savoir les utiliser correctement, dans le bon contexte.
Si les Français étaient bilingues anglais (rêvons un peu), l’ambiguïté serait plus facile à lever car ils pourraient mieux comprendre la différence linguistique.


Une chose est sûre : en France, on aime bien se compliquer la vie. De quoi en perdre son latin !
Surtout quand on se pose d’autres questions pertinentes comme FrenchWeb l’a fait dernièrement avec cet article “Où est le digital dans la transformation digitale ?“.


Et “Tactile” ?

Un support tactile est un support qui réagit quand on le touche :  toute chose vivante, par définition, est tactile. Mais sur le plan technologique, l’informatique propose depuis pas mal d’années maintenant des écrans tactiles : un écran qui peut prendre différentes formes (tablette, smartphone, montre, borne, tv, plateau table…) et qui réagit lorsqu’on le touche. Créant une interactivité, sans fil, sans clavier.

GOODY

Contenu : le roi est nu !

radis assiette #1On répète tous les jours que le contenu est ROI. Et c’est vrai.

Mais alors pourquoi est-il si souvent la cinquième roue du carrosse ?
Ou pire, qu’il soit obligé de courir tout nu derrière ?

Un site sans stratégie de contenu ne sert à rien.
Lire la suite “Contenu : le roi est nu !”

Les accents, les enjoliveurs du français écrit

têtedaccentAprès la question du trait d’union, je voudrais revenir sur les accents de la langue française. On connaît les deux accents, aigu et grave, qui parsèment nos textes (moins les SMS… mais passons).

Or, c‘est à force de voir l’accent circonflexe malmené que j’ai décidé de me pencher dessus. Son copain, le tréma, qui n’a rien à voir et qui est moins utilisé, fait également partie du lot.

D’où viennent-ils, qui sont-ils, et surtout où se mettent-ils ? 

Pour répondre à cette dernière question, je viens de terminer un petit dico sur deux accents que l’on oublie trop souvent. Cadeau !

Accent aigu ou accent grave ?

Petit rappel

Ces deux accents distinguent la lettre e.
L’accent aigu, c’est bien sûr celui qui monte vers la droite (vers le ciel ou les aigus comme vous voulez).

L’accent grave, c’est bien sûr celui qui descend vers la droite (vers la lettre). La particularité de ce dernier est qu’on le trouve aussi sur la lettre u lorsqu’il s’agit d’une idée de lieu (où sont-ils passés ?, la ville d’où je viens), ainsi que sur la lettre a lorsqu’elle celle-ci est une préposition et non la conjugaison du verbe avoir.

Bizarrement, à la prononciation d’un accent aigu sur un e, le son ouvert [AI] fait davantage monter le son de la voix dans les aigus, à l’inverse du son [ET] de l’accent aigu sur un e, dont le son émis par la voix est plus “grave”.

Question

Écrit-on événement ou évènement ? Les deux sont corrects (c’est l’Académie française qui le dit). Personnellement, je préfère le premier car l’on prononce plus facilement “événement” à l’oral, et même à l’écrit, on le raccourcit souvent en “évé”. En pub ou en marketing, je n’ai jamais vu quelqu’un écrire en note “évè”.

Origine

Pourquoi écrit-on forêt, hôpital et pas hopital, etc. ?
Le français comme vous le savez provient de manière conséquente du latin. En vieux français, on écrivait autrefois hospital ou hostel. “Hôpital” vient donc du latin hospitalia (chambre pour les hôtes, hospice). Le s a sauté et est devenu accent circonflexe.

Tout comme “fenêtre” vient du latin fenestra… Concernant la forêt, il suffit de penser à forestier.
Et pour “château” alors ? Eh bien là encore, il vient du latin castellum… On pense à castel… (castle en anglais).

Pour le tréma, c’est plus simple : prenez le mot “mozaïque”, sans l’accent, on lirait [mozèque] ; cela permet de bien détacher les deux lettres a et i afin de les prononcer toutes les deux, obtenant donc deux sons syllabiques ou lieu d’un.
Pour en savoir plus.

Les accents sur les CAPITALES, c’est capital !

Pourquoi DOIT-ON METTRE tous les accents sur chaque capitale qui en possède un ?
D’abord parce qu’il n’y a pas de raison que ces lettres les perdent en route.

Ensuite parce que, visuellement, cela facilite la lecture quand on sait que des lignes en capitales se lisent moins bien qu’en minuscules. C’est donc plus confortable et plus sûr…
Visibilité = Lisibilité.

Exemple de titre que l’on pourrait lire dans la presse (laquelle les oublie régulièrement) :
LE TRADER ARRETE, LE BANQUIER GRILLE.
On ne sait pas si “Le trader arrête, le banquier grille” ou “le trader arrêté, le banquier grillé.” Ce qui, vous en conviendrez, n’est pas tout à fait la même chose, que ce soit pour l’un ou pour l’autre des deux complices…

Oubli le plus fréquent : l’accent grave sur le A dans l’onglet À PROPOS dans le menu des sites web…

Nota Bene : la cédille doit également être apposée sur une capitale, parce que :
BESANCON, ce n’est pas BESANÇON ;
dans UN MACON QUI VOUS NETTOIE VOTRE TUYAU, on peut imaginer tout et son contraire… (je sais, en ce mois de novembre c’est plutôt Beaujolais !).

Langage oral : des tics en rafale

0007644534Q-849x565Si vous avez une écoute attentive, il ne vous aura pas échappé que chacun d’entre nous peut présenter un tic de langage… (y compris votre serviteur). Il y a ceux qui débutent presque toutes leurs phrases par “c’est vrai que”, ceux qui placent un très agaçant “effectivement” ou “absolument” à tout bout de champ, ceux qui ont toujours besoin de commencer par “écoutez”, etc. De quoi vous faire dresser l’oreille !

.

Et vous, quel est votre tic de langage ?

Quelques fins de phrases :

… on va dire.       (Un des plus énervants ! Je ne l’ai jamais compris…)
… quelque part.  (Aussi énervant que le précédent.)
… voilà.                (Se place aussi bien en milieu de phrase qu’à la fin…)
… quoi.                 (Celui-là dépend des régions.)
… tu vois.
… d’accord ?        (S’entend souvent chez les parents s’adressant à leur enfant.)
… point barre.     (Un point, c’est déjà pas mal.)
mais pas que.  (A supplanté “mais pas seulement”.)
… ou pas.              (Ce tic récent est pratique en diplomatie. Mais, il peut devenir lassant.)

Quelques débuts de phrases :

Tout à fait…         (Quand il est répété dix fois.)
C’est vrai que…   (Idem.)
C’est clair…          
(Vient souvent en simple réponse, tout comme “carrément”.)
Sérieux…              (Erreur syntaxique qui a remplacé “Sérieusement”.)
En fait…
J’vais t’dire…
Disons que…       

Des erreurs récurrentes

Dire “entre parenthèses” au lieu de “entre guillemets”.
Ces expressions ne sont pas toujours utilisées à bon escient. Lorsque vous digressez (pour détailler une info ou pour donner un avis), vous ouvrez donc une parenthèse, que vous refermez ensuite, et vous pouvez le dire oralement.

Lorsque vous vous exprimez au figuré ou bien lorsque vous prononcez une phrase ou un mot de manière ironique par exemple, vous soulignez alors le fait que, bien sûr, c’est entre guillemets que vous le dites… Cela sous-entend un “si l’on peut dire” ou “si j’ose dire”.

Il y a aussi pêle-mêle : “j’veux dire”, “ça le fait”, “au taquet”, “genre”, “juste”, “malgré que”, “en même temps”, “attends”, “tu m’étonnes”, “grave”, “surréaliste”. Pour ce dernier terme, j’avoue avoir moi-même la fâcheuse manie de formuler un “c’est Star Trek”…

Il y en a ainsi des dizaines qui écorchent nos oreilles au quotidien. D’ailleurs, l’on s’aperçoit que ce sont toujours les mêmes qui passent en boucle. La plupart de ces tics malmènent la syntaxe du français sans états d’âme.

Concernant particulièrement le mot juste, on le retrouve très souvent placé n’importe où.

Par exemple : “C’est juste pas possible.” Cette expression, dont la syntaxe a été jetée aux oubliettes, est légèrement différente d’un simple “ce n’est pas possible”, puisque “juste” apparaît ici comme une notion de limite, venant appuyer un effet catégorique, sans autre alternative.

Inversement – et plus justement –, on l’utilise aussi pour souligner la simplicité d’une idée, d’une action : “C’est juste un petit bobo.

L’adverbe “TROP” qui revient comme un ronron

Impossible de ne pas avoir perçu ce phénomène de mode, très partagé chez les ados (ou alors vous habitez Pluton) : “trop pas” étant l’ultime expression pour le moins absconse.

Cette inversion, qui n’a absolument rien à voir avec “pas trop”, souligne l’intensité de la nature du sujet qualifié. Donc “trop pas” signifie ici “pas du tout !”.

L’adverbe “trop” doit en principe compléter un verbe (il travaille trop) ou venir renforcer un adjectif ou un autre adverbe (elle parle trop vite ; la mer est trop basse pour se baigner).

Mais ce “trop” est également mis à toutes les sauces. Certains l’utilisent sans s’en rendre compte dans presque toutes leurs phrases… Que de tics en stock !

Rappelons que le mot trop évoque l’idée de quantité et veut dire à l’excès, de manière démesurée. Cela me permet donc de faire cette pirouette en disant que “trop, c’est trop !”.

Des exemples ? Il vous suffit simplement de taper dans Twitter le hashtag #trop pour vérifier à la fois la popularité de ce tic et la moyenne d’âge des twittos…

Il est trop, lui” : trop quoi ? On ne sait pas. Utilisé à tort comme un adjectif, cet adverbe peut en effet prêter à confusion, aucun vrai adjectif explicite n’étant employé à la suite.

Du coup, cela peut sous-entendre tout et son contraire : par exemple, le fait d’être un drôle de zigoto mais dans un sens négatif (voleur, menteur, baratineur…) donc trop “mauvais” dans son attitude ; ou alors dans le sens positif (il est malin, il est beau, il est drôle, etc.).

Même si l’on peut évidemment comprendre ce qui est exprimé grâce au contexte de la conversation et/ou au ton employé, cette habitude de ne pas terminer une phrase ouvre la porte à toute sorte d’interprétations appauvrissant la liste d’adjectifs extraordinaires, autrefois proprement utilisés, réduits aujourd’hui à un seul et même ridicule petit mot.

Goody : essayez de répéter à haute voix ce mot devant votre chat : “trop, trop, trop trop, trop, trop, trop, trop, trop, trop, trop”… Il va vous adorer.

Le double sujet…

La cerise sur le gâteau : le tic qui s’est installé insidieusement dans notre langage courant est une forme grammaticale, ou plutôt un effet de style employé par à peu près tout le monde. Je veux parler du sujet utilisé deux fois de suite de manière systématique.

Exemples :
La pizza, elle est froide.” (Au lieu de “la pizza est froide”…)
L’ordi, il est cassé.” (Au lieu de “l’ordi est cassé”.)
Ma fille, elle veut changer son portable.. (Au lieu d’un simple “Ma fille veut changer son portable..)
Monsieur Trucmuche, il est au forum des entreprises” (Au lieu de “Monsieur Trucmuche est au forum des entreprises..)

Ce tic de langage – qui crée un pléonasme – a malheureusement atteint aussi les journalistes ou animateurs radio, ainsi que leurs invités, quels qu’ils soient. C’est une véritable épidémie.
“Trop la honte quoi !”

Bien écrire : j’ai retrouvé un trésor !

FrançaisLe week-end dernier, je terminais de faire le tri dans mes livres (oui, vous savez, ces supports en papier…), qui dormaient encore dans un dernier carton, après mon déménagement.
C’est ainsi que je mis le nez sur ce que je considère maintenant comme un véritable trésor…

Il s’agit d’un bouquin de poche intitulé “Guide de Langue française”, commis par un certain René Georgin et publié en 1969 (édition de 1952 augmentée).

Pour un concepteur-rédacteur qui passe son temps à écrire dans sa langue natale (en l’occurrence, le français), une langue à la grammaire pour le moins complexe, le fait de trouver un document à la fois simple, complet et compréhensible, c’est comme tomber sur une pépite !

Au dos de ce petit livre qui sent bon le vieux, un texte résume très bien le trésor, dorénavant placé en tête de gondole dans ma bibliothèque professionnelle :

Clair, vivant, pratique, (ce guide) est indispensable au grand public comme aux étudiants et aux professeurs. Ce livre permet de résoudre facilement tous les problèmes de langue que l’on rencontre chaque jour, du plus simple au plus compliqué.”

Je confirme que je n’ai pas été déçue. À côté, le Bescherelle ressemble à des mathématiques !
Mais alors, je pose la question : pourquoi diable l’Éducation nationale et les éditeurs actuels ne reprennent-ils pas tout simplement ces publications, au lieu de se lancer dans de nouvelles productions aux explications souvent aussi obscures que les propos de Chewbacca dont la langue est le wookie ? D’autant que les règles de grammaire ont très peu évolué.

Ce qui semble avoir évolué est donc davantage la manière de les transmettre : les derniers ouvrages sur le sujet demandent en effet souvent de s’armer d’un autre dictionnaire…

Avec ce petit bouquin d’un grand expert (paix à son âme), les enfants n’auraient plus besoin de s’arracher les cheveux.

Bien sûr, l’ouvrage est rédigé comme un livre, de manière linéaire et il n’y a pas d’images ; bien sûr, vous ne trouverez rien concernant le SEO dans ces pages.

Mais si l’on souhaite écrire, que ce soit pour le Web ou le print, la moindre des choses est de bien connaître sa langue à la base. Or, ce trésor retrouvé est déconcertant de facilité et de limpidité dans ses explications !

L’information est rapide à trouver grâce à un sommaire et à un index alphabétique en fin d’ouvrage. Pour chaque problématique, les paragraphes sont courts et écrits de manière extrêmement simple.

Conclusion : ce n’est pas parce que c’est ancien que c’est obsolète et moins bien.

Dédicace : aujourd’hui, j’ai donc envie de sortir des oubliettes et de saluer M. Georgin, grammairien de haut niveau et néanmoins directeur de l’enseignement secondaire. Les ministres étaient cultivés et s’exprimaient très bien à l’époque… Comme tous ces gens passionnés, dont Alain Rey par exemple, qui vous transmettraient (presque) leur amour pour la grammaire.

Pour information : apparemment, ce petit livre de poche est encore trouvable à moins de 3 € sur des plateformes comme e-bay, priceminister ou encore livreenpoche. Alors n’hésitez pas !

Des contenus oui, des fautes non (1)

Oh là là, mais apportez-moi une gomme !Il est beaucoup question de contenu (production de, création de, rédaction de… comme vous voulez). C’est l’enjeu majeur du Web.

Concernant la communication globale d’une marque ou d’une entreprise, l’impact de son message sur son image ne passe pas seulement par le fond (ce qui est dit), mais aussi par la forme, et je ne parle pas uniquement du style.

Outre le contenu, une rédaction de qualité demande de faire aussi attention aux règles de la langue utilisée (grammaire, orthographe, syntaxe, ponctuation), particulièrement dans le cadre d’une communication professionnelle.
Des contenus oui, des fautes non !

Pour bien commencer la rentrée, voici un premier mémo sur les erreurs les plus fréquentes.

L’erreur numéro un (en tête de gondole si j’ose dire)

Elle est d’ordre grammatical :

QUELQUE(S) vs QUEL QUE (QUELLE QUE, QUELS QUE, QUELLES QUE)

Exemple 1

Cet article lu sur e-marketing, pourtant intéressant et pas mal écrit, aborde justement le sujet de l’image d’une entreprise, notamment en termes de communication. Nous découvrons un florilège de “quelque soit” (que le sujet soit singulier ou pluriel, masculin ou féminin, d’ailleurs) : paragraphes 2, 4 et 8.

Exemple 2

Cet article du jour lu sur Numerama (article tout aussi intéressant), dans le paragraphe qui suit la troisième puce concernant les préalables : “quelque soit le type de réseau”.
J’en lis ainsi des centaines par jour… Le problème est quand l’erreur apparaît sur des sites d’agence de communication, de publicité, de grande marque, ou dans des articles de presse…

Petit rappel

Si le terme en question est placé devant un adjectif, un nom ou un adverbe :

> on écrit “quelque” en un seul mot.

Si le terme en question est placé devant un VERBE :

> on le détache en l’accordant avec le sujet (masculin-singulier ; masculin-pluriel ; féminin-singulier ; féminin-pluriel). Quel devient en effet attribut du sujet et s’accorde avec lui.

Ce qui donne 

        • Quel que soit le contenu d’un site, celui-ci doit être irréprochable.
        • Quels que soient les sujets d’un blog, ceux-ci doivent intéresser.
        • Quelle que soit la cible, le storytelling est un bon moyen de communication.
        • Quelles que soient les règles, elles doivent être respectées.

Précisions

  • En cas de double sujet, c’est le masculin qui l’emporte. Par exemple : quels que soient les supports utilisés et la technique employée… ou bien quels que soient la date et le lieu de rendez-vous…
  • “Quelque” est utilisé soit comme adjectif soit comme adverbe : l’adjectif se réfère à une quantité (j’ai mangé quelques olives) ; l’adverbe s’accorde avec le sujet : quelque ambition qu’il ait, cela lui prendra du temps ; quelques objectifs qu’il impose, ses employés devront s’adapter ; à quelques mots-clés près, le SEO s’en ressent.
  • “Quel que” est une locution et le verbe employé après quel que ou quelque est au subjonctif… : quoi que je dise, il n’en tiendra pas compte. Quelques bêtises qu’il fasse, il s’en sortira toujours.

Pourquoi est-ce important ?

Pour l’impact que cela peut avoir sur l’image (de l’entreprise ou de l’auteur).
Pour le lecteur : cela peut avoir un impact psychologique gênant.

Autant, pour un simple blog d’un particulier, cela peut passer – après tout, on ne peut pas se rappeler de toutes les règles (nombreuses en Français !) –, autant lorsqu’il s’agit d’un article, d’une publicité, d’une information ou d’un billet de blog émanant d’une marque ou d’un professionnel, de telles erreurs peuvent avoir un effet négatif.

En effet, cela peut vouloir dire que le rédacteur n’a pas pris le temps de se relire, donc par extension qu’il se fiche un peu de sa cible… Inconsciemment, cela pourra aussi être pris pour une forme de mépris vis-à-vis du lecteur.

Conclusion : si la stratégie de contenu est primordiale, n’oubliez pas que le diable se cache dans les détails. 😉

Bonne rentrée !

Maîtriser l’impact d’une rédaction

Handwritten ABC on blackboardDepuis toujours, on voit passer des mails truffés de fautes. Il n’est donc pas étonnant de lire ce billetFautes d’orthographe, la plaie des entreprises“.

Je suis toutefois sidérée des conséquences en termes de coût. Il y est dit aussi qu’outre les fautes d’orthographe et de grammaire, “c‘est l’usage du bon mot qui peut poser problème”.

Cela donne à réfléchir et pose encore une fois la question de l’impact d’une rédaction, quel que soit le message. Car la façon de dire les choses peut en effet être préjudiciable quand elle est source de quiproquos.

 

L’utilisation du mot juste, par le sens qu’il véhicule dans un contexte spécifique, est un acte subtil et délicat. Oui, la langue française est difficile parce que complexe. Elle regorge en effet de définitions différentes pour un même mot, ou bien, inversement, plusieurs mots peuvent signifier la même chose.

Néanmoins, parmi deux ou trois synonymes, il y en aura toujours un qui sera le plus adéquat dans le contexte d’un message à rédiger. C’est toute la subtilité (et la difficulté) de la maîtrise du français.

Par ailleurs, deux personnes peuvent ressentir différemment le sens d’un mot. Sur le plan professionnel, un cadre qui aura beaucoup lu dans sa vie aura plus de facilité et d’aisance à échanger à l’écrit sans risquer de nuire à l’image de son entreprise.

Se mettre à la place du lecteur

Le problème est de savoir comment l’autre va l’interpréter. C’est d’ailleurs la grande différence entre l’écrit et l’oral : une fois son mail envoyé, pas de possibilité de revenir en arrière, pas de gestuelle, pas de ton, pas de possibilité d’explication directe.

Ce type d’échange par e-mail est toujours un risque. Il faut savoir se relire et remettre en question sa prose, qui plus est dans un contexte d’affaires. Qui ne s’est jamais mordu les doigts après l’envoi d’un message ? Et ne parlons pas des coquilles malencontreuses (voir mon billet sur les coquilles).

Une communication écrite n’est pas anodine. Il s’agit d’avoir du style et de parvenir à dire de manière courte exactement ce que l’on voudrait que notre interlocuteur comprenne.

La façon de s’exprimer par écrit n’est pas forcément donnée à tout le monde. La première des choses à faire étant de se mettre à la place de son futur lecteur, de se relire à haute voix, de se demander ce que les mots employés veulent dire exactement et s’ils correspondent au message que l’on veut faire passer, dans un contexte précis.

Clarté = Compréhension

La syntaxe (comment c’est dit) peut avoir une incidence sur la sémantique (ce que cela signifie). Mais les auteurs de e-mails font rarement le lien ou bien oublient de le faire. Il y a pourtant une approche simple qui consiste à être le plus clair possible, quitte à répéter certains points qui pourraient échapper au lecteur, lui répéter des choses pour être sûr d’être sur la même longueur d’ondes. Le tout avec finesse évidemment, afin de ne pas le vexer. Car, très souvent, le lecteur pense avoir compris. Beaucoup lisent en diagonale, balaient simplement les mots comme des mots-clés, sans lire véritablement toutes les phrases.

Mais lorsque, ultérieurement, une incompréhension se révèle, il est parfois trop tard. Un seul mot, parfois même une seule virgule, suffit à compromettre un message.

Par exemple, je vois relativement souvent passer l’oubli du trait d’union dans l’adverbe “peut-être” ce qui transforme donc l’expression en “peut être”, verbe “être” précédé du verbe “pouvoir” conjugué. Or la différence, apparemment infime, peut engendrer un contresens. C’est tous les jours que je constate ici ou là une syntaxe malmenée, dans les articles en ligne notamment.

Concernant les entreprises, il est évident qu’elles devraient être plus vigilantes. Le fait est établi aujourd’hui que même si l’on communique au départ avec un même code de langage, on ne donne visiblement pas tous le même sens aux mots…

Ceci pour différentes raisons : manque de culture, de vocabulaire, différence de vocable selon les métiers, habitudes, maîtrise de la langue défaillante à l’écrit, mais aussi pression du temps qui fait que l’on agit très vite sans prendre le temps justement de rédiger correctement, ni de se relire.

Anecdote qui en dit long

Il y a plus de vingt ans, par simple curiosité, je m’étais employée à demander à des dircom de grosses sociétés (rencontrés principalement à Paris), leur définition de la communication. 

Ma surprise fut grande : non seulement aucun d’entre eux n’avait la même et n’utilisait les mêmes mots, mais aucun d’eux n’avait la “bonne”, du moins celle se rapprochant le plus d’une définition simple que l’on peut trouver dans un dictionnaire.

Le résultat de ce petit sondage personnel, dans les années 90, apparaissait donc à la fois surprenant et accablant, mais expliquant assez bien finalement la confusion régnante. Et la difficulté justement de… communiquer en se faisant comprendre.

“La langue française est une conquête” (Albert Camus)

J’en arrive au récent article d’Olivier Cimelière sur son blog du communicant 2.0 présentant le livre de Jeanne Bordeau sur le langage en entreprise, laquelle déclare notamment : « La qualité, c’est savoir caractériser son discours, écrire avec une langue fidèle à son projet, à ses convictions, à ses collaborateurs. De grandes méprises existent à ce sujet. »

Effectivement, le fond d’un discours servi par l’emploi récurrent d’une novlangue propre à un secteur d’activité, peut éloigner de toute forme de personnalité et, plus grave, du sens et donc de la compréhension – sans parler des termes anglais jetés ici ou là, dont la définition peut davantage encore échapper à certains.

Or, je le répète souvent : la forme fait passer le fond !

Pour conclure, j’ai envie de citer l’extrait d’un discours d’Hélène CARRÈRE d’ENCAUSSE de l’Académie française : « (…) Enfin, les mots employés perdent souvent tout lien avec leur sens réel. En définitive, chacun tend à considérer qu’il peut user de la langue à sa manière. La conséquence en est qu’à l’instar de la situation d’incompréhension qui prévalait au temps de Racine, la communication est malaisée dans la France d’aujourd’hui. »

Les coquilles, ces petites coquines…

mode-de-vie-sain-raw-jaune-objets_34870Des coquilles, mais sans casser d’œufs

Elles se glissent partout ! Les coquilles relèvent de diverses causes : faute d’inattention, frappe à la va-vite, non-relecture, méconnaissance de certaines règles typographiques.
Mais c’est plus souvent une conjonction entre une question de vitesse et d’attention. Car, même si certains auteurs se relisent, ils ne vont pas forcément “voir”. C’est d’ailleurs leur réponse habituelle quand on leur fait remarquer une coquille : “Ah merci, je n’avais pas fait attention”… Trop habitués, peut-être, à une lecture dite en diagonale.

À l’origine, une “coquille” est le fait d’intervertir deux lettres dans un mot (d’en oublier une ou d’en ajouter une) ce qui peut provoquer des bizarreries. Même si le lecteur comprend ce qu’il lit, c’est tout de même gênant. Au fait, pourquoi parle-t-on de casse et de coquille ?
Plus d’info.

Retour à la “casse” départ

Quand j’étais étudiante, les Macintosh® n’étaient pas encore répandus. Les deux modèles principaux sur le marché, à la fin des années 80 – dont le disque dur oscillait entre 40 et 80 Mo (sic) – étaient souvent trop chers pour un étudiant, lequel devait se rabattre vers une machine à écrire électronique qui valait quand même autour de 1 000 francs à l’époque.

Un jour, je me souviens avoir visité une “vieille” imprimerie dans le 18e arrondissement de Paris, dans l’antre de laquelle on pouvait voir, humer et entendre des rotatives quatre couleurs et, dans une pièce attenante, découvrir les fameuses casses (tiroirs de rangement découpés en compartiments, appelés cassetins) où dormaient sagement les lettres en plomb. Chaque casse était d’une famille de typo (police de caractère) comme Univers, Vendôme, Helvetica, Garamond, Didot, Elzévir…

C’était à la fois fascinant et émouvant. Les ouvriers de cette imprimerie fonctionnaient encore “à la main”. On prenait le temps de placer les lettres. Les minuscules étant plus souvent utilisées que les majuscules ; elles étaient donc rangées dans le bas de la casse, d’où leur surnom de “bas de casse” encore usité, notamment dans les métiers graphiques.

CasseCertes, il y avait parfois des fautes, mais étrangement beaucoup moins que ce que l’on peut voir défiler aujourd’hui… Et ce, alors que nous avons tous les outils modernes pour effacer et corriger avant diffusion ou impression. Les typographes prenaient le temps alors…
Image : musée de l’imprimerie de Lyon.

La vitesse des outils technologiques 

La cause des erreurs qui fleurissent dans les contenus Web, provient souvent du fait que l’on tape rapidement ce que l’on a envie ou besoin de dire, focalisé par le fond, par sa réflexion ou par l’information à transmettre, mettant alors de côté la forme. On est moins concentré. Le phénomène de vitesse, comme celui du zapping, a envahi notre société en quelques décennies, la jetant littéralement dans une schizophrénie de l’instant et de l’éphémère.

Alors imaginez, quelle perte de temps que de se relire plusieurs fois ! Vite, vite, vite, il faut “produire” un billet par jour pour nourrir son blog et être le mieux référencé… Peu importe que certains écrits soient sans intérêt… L’enjeu est semble-t-il d’être actif dans l’instant donc sans possibilité de recul, de relecture, de perfectionnement. On tape frénétiquement sur son beau clavier ergonomique et hop ! on envoie. Alors bien sûr, les fautes de frappe sont normales. Sauf que…

Les erreurs les plus courantes

Ce ne sont pas forcément des “coquilles” au sens premier du terme (faute de frappe) mais parfois de vraies fautes d’orthographe ou de grammaire… :

  • Chiffre d’affaire : au lieu de chiffre d’affaires.*
  • Quelque soit / Quelques soient : au lieu de quelle que soit / quel que soit / quels que soient / quelles que soient (selon le sujet qui suit). Cette erreur est très fréquente !
  • Pallier à : au lieu de pallier quelque chose.
  • Le e dans l’o (œ) oublié : œuvre, œuf, bœuf, œillère, œdème, fœtus, mœurs… (ALT + o).
  • Trait d’union : très souvent oublié, on rencontre encore des “c’est à dire” (cf. billet précédent).
  • Les espaces non respectées : on voit souvent le deux-points collé au mot. (Au fait, on dit “une” espace.)
  • Quatre points de suspension : au lieu de trois. Ici, la sensibilité du clavier y est souvent pour quelque chose… (d’où l’intérêt de relire attentivement).

Cela dit, à la décharge des auteurs de billets, écrire et relire (pour ceux qui se relisent) directement sur écran, relève de l’héroïsme, pour peu que nos yeux soient “explosés” à la fin d’une journée. Notre regard a beau balayer des lignes, la profusion de l’info écrite, ces tonnes de textes auxquelles nos rétines sont soumises, est un risque pour des coquilles, qui peuvent alors nous échapper.

Enfin, il faut tenir compte des (nombreuses) personnes dyslexiques pour qui le clavier peut se révéler un chemin de croix.

Mais les coquilles peuvent également être une source de contresens malencontreux : drôles la plupart du temps, elles peuvent se révéler tout aussi dramatiques. Alors attention ! Dites-vous que lorsqu’on écrit dans la langue de Proust, c’est comme si l’on marchait sur des œufs…

P.-S. : si jamais vous aperceviez une “coquine” dans ce billet, vous seriez tout à fait en droit de me casser un œuf sur la tête… 😉

* Un bel exemple capturé au vol ! : le 29 mars 2013, l’émission C À VOUS recevait Marc Simoncini au sujet de la vente de lunettes en ligne et pour illustrer leur coût par pays, la rédaction montra à l’écran un visuel...